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Les villes suisses veulent sauver la connexion avec Malmö

by Nicolas Lefèvre

Face à la décision de Berne de couper les vivres aux liaisons ferroviaires nocturnes, plusieurs grandes villes suisses se mobilisent pour financer elles-mêmes ces alternatives écologiques au transport aérien. Zurich, Bâle, Berne et Lausanne envisagent désormais de puiser dans leurs propres budgets pour relancer des lignes comme celle reliant la Suisse à Copenhague et Malmö.

L’initiative part d’une frustration commune : le Parlement fédéral a récemment supprimé une subvention essentielle au nouveau train de nuit vers Copenhague et Malmö, entraînant l’arrêt du projet malgré la vente préalable de billets. Les CFF (Chemins de fer fédéraux suisses) avaient pourtant souligné l’invabilité économique de cette ligne sans aide financière.

« Nous critiquons le fait que ce soit à nous, les collectivités locales, de combler le vide », déplore Oliver Heimgartner, président du Parti socialiste (PS) zurichois. « Le trafic ferroviaire international relève de la responsabilité de la Confédération, mais face à ce désengagement, nous sommes confrontés à un choix : rester passifs ou agir. »

À Zurich, une motion conjointe du PS et des Verts a été déposée début janvier auprès du conseil municipal. Elle vise à obtenir une « instruction de crédit » pour développer et financer des alternatives compétitives à l’avion, incluant un éventuel financement de démarrage et des garanties contre les déficits.

D’autres villes suivent le mouvement. À Bâle, la conseillère PS Julia Baumgartner insiste sur l’importance de ces liaisons pour atteindre l’objectif de zéro émission nette d’ici 2037. « La liaison avec Malmö aurait été extrêmement importante pour Bâle », affirme-t-elle, reconnaissant toutefois que la situation actuelle est source de mécontentement. « Mais à ce stade, nous sommes pratiquement obligés de le faire. » Une proposition de cofinancement est en cours d’élaboration.

Berne n’est pas en reste. La parlementaire écologiste Jelena Filipovic souligne l’urgence d’agir : « Nous devons atteindre nos objectifs climatiques. » L’annulation du train de nuit vers Malmö a servi de catalyseur, mais le problème est plus large : « Nous sommes à la traîne en matière de liaisons ferroviaires internationales. »

À Lausanne, où il n’y a plus de trains de nuit depuis vingt ans, le chef du groupe parlementaire PS, Louis Dana, entend soumettre un postulat demandant à la municipalité d’examiner le financement de ces liaisons. « Si le gouvernement fédéral ne le fait pas, nous devons le faire », martèle-t-il.

Les CFF se montrent cependant sceptiques quant à l’impact de ces initiatives locales. Sabrina Schellenberg, porte-parole de l’entreprise, a confirmé que le train de nuit vers Copenhague et Malmö ne circulera pas en avril, même si les villes mettent de l’argent sur la table.

Malgré ce scepticisme, les partis de gauche-verts entendent maintenir la pression et demander des comptes à la Confédération. La motion zurichoise réclame notamment d’examiner les moyens de tenir le gouvernement fédéral « responsable » de son choix.

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