Publié le 15 novembre 2025 à 12h50. Une comète interstellaire, 3I/ATLAS, a récemment frôlé Mars, offrant aux scientifiques une occasion unique de l’étudier de près grâce à la sonde européenne ExoMars TGO et de tester les protocoles de défense planétaire.
- La comète 3I/ATLAS s’est approchée de Mars le 3 octobre 2025 à seulement 29 millions de kilomètres.
- La sonde ExoMars TGO a pu observer la comète jusqu’à dix fois plus près que les télescopes terrestres.
- Les données recueillies permettent d’affiner la prédiction de son orbite et de tester les systèmes de surveillance des objets géocroiseurs.
Les astronomes ont bénéficié d’une opportunité exceptionnelle d’étudier la comète interstellaire 3I/ATLAS lorsqu’elle s’est approchée de Mars le 3 octobre dernier. À seulement 29 millions de kilomètres de la planète rouge, la comète a pu être observée de très près par la sonde ExoMars TGO de l’Agence spatiale européenne (ESA), en orbite autour de Mars. Ce survol rapproché a permis au satellite d’approcher le corps céleste jusqu’à dix fois plus près que les télescopes terrestres, qui étaient jusqu’alors le principal outil d’observation.
Les scientifiques ont publié des images détaillées de la comète, révélant sa vitesse et sa composition. « Les données acquises à partir d’un satellite martien ainsi que celles provenant de la Terre nous ont aidé à affiner la prédiction de son orbite », indique l’ESA. Il est crucial de localiser précisément la comète, qui se déplace à une vitesse impressionnante de 250 000 kilomètres par heure, avant qu’elle ne disparaisse à nouveau de notre champ de vision.
Ce survol rapproché a également servi de test pour les défenses planétaires. Les chercheurs ont pu évaluer la coordination des données obtenues par les instruments terrestres et par un satellite situé dans l’espace, qui n’est pas spécifiquement conçu pour surveiller les objets géocroiseurs. Ils ont ainsi confirmé leur capacité à affiner considérablement les trajectoires des comètes et des planètes. Il est important de noter que 3I/ATLAS ne représente aucune menace pour la Terre.
L’ESA continue de suivre la comète interstellaire après son approche de Mars, en utilisant d’autres instruments, comme la sonde Jupiter Icy Moons Explorer (Juice). L’analyse approfondie des données collectées est prévue pour février prochain.
La comète en constante évolution
La comète 3I/ATLAS est actuellement l’objet d’une surveillance attentive de la part de diverses équipes scientifiques. Récemment, les astronomes de l’Observatoire sud-africain de radioastronomie, grâce au radiotélescope MeerKAT, ont détecté un signal radio émis par le corps interstellaire. Selon les chercheurs, ce signal est lié à la dégradation des molécules d’eau sous l’effet de la lumière solaire, indiquant la présence de radicaux hydroxyles et confirmant l’activité naturelle de la comète, composée de glace, de poussière et de gaz.
Parallèlement, des astronomes italiens du projet Virtual Telescope ont observé l’allongement de la queue ionique de la comète. Ce phénomène est dû au rayonnement ultraviolet du soleil, qui arrache des électrons aux molécules de gaz libérées, les transformant en ions chargés qui sont ensuite emportés par le vent solaire.
Des chercheurs de l’Observatoire Lowell et du Laboratoire de recherche navale des États-Unis ont également découvert que 3I/ATLAS est plus lumineuse que prévu et présente une coloration bleutée, probablement due à la libération de monoxyde de carbone ou d’ammoniac. Les astronomes ont attribué ces changements à l’influence des rayons cosmiques, grâce aux observations du télescope spatial James Webb.
Comète 3I/ATLAS : les faits
- Découverte en juillet 2025.
- Troisième objet interstellaire confirmé traversant notre système solaire.
- Noyau glacé entouré d’un nuage de gaz et de poussière.
- Proche de la Terre dans la seconde moitié de décembre, à 270 millions de kilomètres.
- Taille du noyau estimée entre 440 mètres et 5,6 kilomètres.
- Ne sera pas capturée par le Soleil en raison de sa vitesse élevée et ne reviendra pas.
- Vitesse de 250 000 kilomètres par heure, la plus rapide enregistrée pour un objet interstellaire.
Suivez l’évolution de la comète 3I/ATLAS :
