Un incident mineur survenu mardi au siège des Nations unies à New York a déclenché une vive polémique, le président Donald Trump y voyant un acte de sabotage intentionnel. L’escalator sur lequel il s’apprêtait à monter avec la Première dame Melania Trump s’est brièvement arrêté, suscitant des réactions outrées et des accusations de complot.
Selon les faits, l’escalator a cessé de fonctionner alors que le couple présidentiel l’empruntait pour se rendre à l’Assemblée générale de l’ONU. Le président Trump a momentanément hésité avant de poursuivre son ascension par les escaliers, accompagné de son épouse. L’incident, en soi anodin, a rapidement pris une tournure politique.
L’ONU a expliqué que l’arrêt de l’escalator était dû à un dysfonctionnement technique, causé par un membre de l’équipe de tournage de Trump qui aurait involontairement actionné un mécanisme de sécurité. Une explication que le président rejette fermement, préférant alimenter des théories du complot.
Lors de son discours devant l’Assemblée générale, le président Trump n’a pas manqué de faire référence à cet incident. « Ce sont les deux seules choses que j’ai reçues des Nations unies », a-t-il déclaré, « un mauvais escalator et un mauvais prompteur. Merci beaucoup. »
La Maison Blanche a réagi avec véhémence, la porte-parole Karoline Leavitt exigeant dans un communiqué que toute personne ayant intentionnellement arrêté l’escalator soit immédiatement licenciée et fasse l’objet d’une enquête. « Si quelqu’un à l’ONU a intentionnellement arrêté l’escalator alors que le président et la Première dame montaient, il doit être licencié et faire l’objet d’une enquête immédiate », a-t-elle déclaré.
Les médias conservateurs ont adopté un ton similaire. L’animatrice de Fox News, Jesse Watters, a même suggéré que les États-Unis devraient « quitter l’ONU », allant jusqu’à évoquer une option radicale : « bombarder ». Le commentateur conservateur Will Chamberlain a quant à lui estimé que l’incident était « remarquablement dangereux » et aurait pu être utilisé pour organiser un attentat contre le président.
Le président Trump a relancé la polémique le lendemain sur son réseau social Truth Social, qualifiant le dysfonctionnement d’« événement sinistre », voire de « triple sabotage » (en référence également à des problèmes de prompteur et de son lors de son discours). Il a exigé des arrestations, affirmant que l’escalator s’était arrêté « sur un centimètre » et que Melania et lui auraient pu chuter sur les marches en acier. Il a également cité un article du London Times évoquant des témoignages de membres du personnel de l’ONU ayant entendu parler de la désactivation de l’escalator, réclamant à nouveau l’arrestation des responsables.
« J’envoie une copie de cette lettre au Secrétaire général, et j’exige une enquête immédiate », a-t-il ajouté. « Toutes les bandes de sécurité de l’escalator doivent être visionnées, en particulier le bouton d’arrêt d’urgence. Les services secrets sont impliqués. »
Des personnalités proches du président ont alimenté les spéculations, évoquant des scénarios alarmistes allant de la mort à des blessures graves, voire à une « dévoration » digne d’un film d’horreur, selon la théoricienne du complot Laura Loomer. L’animatrice de Fox Business, Maria Bartiromo, a estimé que l’incident aurait pu être « massif et très grave », tandis que le représentant Greg Steube (Républicain de Floride) a affirmé que « toutes ces choses ne pouvaient pas être une coïncidence ».
Au-delà de l’incident technique, cet épisode révèle une certaine fragilité et une hypersensibilité du président Trump face à la critique et à la moindre contrariété sur la scène internationale. Son discours devant l’Assemblée générale, qualifié de « litanie d’auto-glorification », a été perçu comme une tentative de masquer cette vulnérabilité. Pour l’administration Trump et ses alliés, l’image d’un président déstabilisé par un simple escalator est plus préoccupante que les polémiques habituelles. Et face à cette fissure dans la façade de l’homme fort, la réponse est invariablement la force et l’affirmation de l’autorité.
Cet incident s’inscrit dans une logique de déni de toute erreur ou faiblesse, illustrée par la poursuite du Wall Street Journal pour avoir publié des informations sur une carte d’anniversaire envoyée à Jeffrey Epstein, ou encore par les accusations portées contre des manifestants ayant lancé un sandwich sur des agents des services secrets. Dans la politique de Trump, l’embarras ne peut être admis, il doit être contré par une réaffirmation énergique de la domination.
En 2018, le président Trump avait déjà été accueilli par des rires lors de son premier discours devant l’Assemblée générale de l’ONU. Cette semaine, le rire a disparu, laissant place à un constat amer : les États-Unis ont perdu de leur influence sur la scène mondiale, et le président actuel semble obsédé par l’idée de retrouver une autorité incontestée. Tout le reste, pour lui, est un sabotage.
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