Publié le 24 octobre 2025 10h30. Les fractures du bassin, bien que souvent associées à des traumatismes importants, peuvent entraîner des lésions urinaires discrètes mais graves, nécessitant une vigilance accrue pour un diagnostic et une prise en charge rapides.
- Environ 10 à 15 % des fractures pelviennes sont accompagnées de blessures aux voies urinaires.
- Le diagnostic précoce reste un défi, avec un taux de lésions non détectées atteignant plus de 10 % dans une étude récente.
- Une tomodensitométrie (scanner) réalisée rapidement peut améliorer la détection de ces blessures et optimiser les soins.
Les fractures pelviennes représentent des blessures sérieuses, car elles compromettent la protection naturelle de la vessie et de l’urètre. Des recherches récentes mettent en évidence le risque de lésions des voies urinaires associées à ces fractures, résultant souvent de forces de cisaillement ou de fragments osseux endommageant les tissus environnants. Ces blessures peuvent entraîner des complications telles qu’une obstruction urinaire, des infections, un rétrécissement de l’urètre (sténose urétrale) et des troubles fonctionnels à long terme.
Malgré les progrès de l’imagerie médicale et l’existence de recommandations, identifier rapidement ces lésions en situation d’urgence demeure complexe. Les signes cliniques peuvent être subtils, se limitant souvent à la présence de sang dans les urines (hématurie) ou au niveau de l’ouverture urétrale. La confirmation des lésions vésicales se fait généralement par une cystographie rétrograde ou un scanner, tandis que l’urétrographie rétrograde reste la référence pour les lésions de l’urètre. Cependant, les patients en état hémodynamique instable ou présentant des traumatismes multiples ne sont pas toujours en mesure de subir immédiatement un examen d’imagerie, ce qui peut retarder le diagnostic.
Une étude observationnelle menée sur 13 ans auprès de 2 865 patients ayant subi une fracture pelvienne a révélé que dans 10,2 % des cas, des lésions des voies urinaires inférieures n’avaient pas été détectées initialement, et ont été identifiées entre un et 13 jours après l’admission à l’hôpital. Les hommes étaient plus susceptibles de présenter des lésions de l’urètre, tandis que les femmes étaient plus souvent touchées au niveau de la vessie. L’utilisation d’une sonde de Foley (cathéter urinaire) pouvait parfois masquer les symptômes, en particulier chez les femmes, compliquant ainsi le diagnostic précoce.
La réalisation d’un scanner précoce peut faciliter l’identification rapide des lésions des voies urinaires inférieures en cas de fracture pelvienne, permettant une intervention rapide et réduisant le besoin d’examens complémentaires. Même lorsque le diagnostic est retardé, une surveillance attentive, un drainage urinaire et un suivi radiologique peuvent permettre d’obtenir des résultats comparables en termes d’infections et de récupération fonctionnelle à court terme.
Cette étude souligne l’importance d’intégrer un suivi systématique et une approche multidisciplinaire dans la prise en charge des traumatismes. La prise de conscience des différences entre les sexes, une évaluation minutieuse des patients stables et le respect des recommandations de l’Association européenne d’urologie (AEU) et de l’American Urological Association (AUA) peuvent contribuer à minimiser les complications liées à un diagnostic tardif de ces blessures.
Référence
Yang YK et coll. Diagnostic challenges in blunt pelvic fracture-related lower urinary tract injuries: a 13-year retrospective study. BMC Urol. 2025;25(1):254. Lien vers l’étude
