Publié le 3 décembre 2023 19h28. L’Espagne, forte d’une économie en croissance, prévoit de ne recourir qu’à un quart des prêts proposés par l’Union européenne dans le cadre du plan de relance post-pandémie, estimant qu’elle peut financer ses besoins par ses propres émissions de dette.
- L’Espagne n’a pas subi d’impact macroéconomique significatif des tarifs douaniers américains, mais reste attentive à leurs effets indirects sur ses partenaires européens.
- Le pays privilégie les transferts directs de l’UE pour soutenir des secteurs clés comme la transition énergétique.
- Madrid s’attend à dépenser environ 160 milliards d’euros (187 milliards de dollars) issus du plan de relance européen, dont la moitié sous forme de subventions.
L’Espagne affiche une confiance notable dans sa capacité à financer sa reprise économique sans dépendre massivement des fonds européens. Lors d’une visite au Canada, le ministre de l’Économie, Carlos Corpo, a expliqué à Reuters que la situation financière du pays lui permet d’émettre sa propre dette sans les contraintes imposées par l’UE.
« Financièrement, nous n’avons aucun avantage à contracter ces emprunts, car nous pouvons le faire nous-mêmes avec notre propre émission de dette », a déclaré Corpo. L’économie espagnole a en effet surperformé ses homologues européens ces dernières années, ce qui a permis de réduire le ratio de la dette publique par rapport au produit intérieur brut.
Le ministre a précisé que l’Espagne se concentre sur l’utilisation des subventions directes de l’UE pour stimuler des secteurs stratégiques, notamment ceux liés à l’énergie verte. Les négociations avec la Commission européenne devraient aboutir à un engagement d’utiliser environ 25 % des prêts mis à disposition. « Nous clôturerons les négociations avec la Commission dans les prochains jours, mais ce sera autour de ce chiffre, oui, peut-être un peu au-dessus », a-t-il ajouté.
Concernant les droits de douane imposés par l’administration américaine de Donald Trump, Corpo a souligné que l’Espagne, moins exposée que d’autres pays de l’UE aux exportations vers les États-Unis, n’a pas subi d’impact macroéconomique majeur. Il n’exclut toutefois un effet indirect potentiel via des pays comme la France et l’Allemagne.
L’Espagne fait partie des États membres – avec l’Italie et la Pologne – qui n’ont pas encore pleinement mobilisé les fonds de relance européens, qui doivent être dépensés avant août 2026, dans le respect des réglementations européennes.
