La conjoncture politique française, marquée par des incertitudes budgétaires, exerce une pression sur l’euro face au dollar américain, qui profite d’un contexte mondial instable et de perspectives économiques américaines revues à la hausse.
Le dollar américain se renforce actuellement, porté par l’anticipation de chiffres solides concernant l’emploi aux États-Unis. Les marchés estiment désormais à 45 % la probabilité d’un assouplissement de la politique monétaire américaine en mars, un repli significatif qui favorise l’attrait pour la devise américaine comme valeur refuge.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte géopolitique préoccupant. Les déclarations de Donald Trump concernant une possible acquisition du Groenland, même par la force, suscitent des inquiétudes quant à la solidité de l’OTAN et à la position dominante que pourraient acquérir les États-Unis sur le marché pétrolier, contrôlant potentiellement environ 30 % des réserves mondiales. Cette perspective leur conférerait une influence considérable sur les règles du marché.
L’ancien président américain continue de plaider pour une baisse des taux d’intérêt à 1 %, une proposition qui contraste avec la croissance actuelle du produit intérieur brut (PIB) américain. L’issue d’une procédure judiciaire impliquant Lisa Cook, membre du Federal Open Market Committee (FOMC), pourrait avoir des conséquences importantes. Une décision favorable pourrait ouvrir la voie à une plus grande flexibilité dans la composition du FOMC et, par conséquent, dans la politique monétaire américaine.
Par ailleurs, Washington intensifie ses pressions sur Caracas, exigeant la vente de 50 millions de barils de pétrole et une rupture des liens avec Pékin, Moscou, Téhéran et La Havane. Ces actions témoignent d’une tendance à la démondialisation croissante et à la polarisation du monde, ce qui renforce la demande d’actifs refuges et profite au dollar.
La faiblesse de l’euro est également liée à la situation économique européenne. En Allemagne, le taux d’inflation a ralenti en décembre, passant de 2,6 % à 2 %. Si cette tendance à la désinflation s’accentue, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait envisager de reprendre son cycle d’assouplissement monétaire, ce qui pénaliserait la monnaie unique.
Le chancelier Friedrich Merz a souligné que certains secteurs de l’économie allemande sont confrontés à des difficultés majeures et que le gouvernement n’a pas suffisamment agi depuis sa prise de fonction. En France, le ministère des Finances a annoncé que le déficit budgétaire pourrait atteindre 5,4 % si le Parlement ne parvient pas à un compromis, ce qui augmente les risques de dégradation de la note de crédit du pays et contribue à la baisse de l’EUR/USD.
Malgré le renforcement du dollar, l’or conserve une position solide, en partie grâce à l’activité accrue des banques centrales sur le marché des métaux précieux dans un contexte mondial bipolaire.