La fin du bras de fer budgétaire à Washington et un ralentissement économique attendu aux États-Unis redessinent le paysage des marchés financiers. Ces évolutions, conjuguées à des incertitudes politiques au Royaume-Uni et à l’inefficacité des interventions japonaises, influencent les taux de change et les stratégies d’investissement.
La Chambre des représentants américaine a voté, par 222 voix contre 209, pour la reprise des activités gouvernementales, un accord immédiatement promulgué par le président. Cette résolution met fin à une paralysie record qui pesait sur l’économie et les marchés. Les analystes anticipent désormais un possible désengagement des investisseurs, qui pourraient enfin baser leurs décisions sur des données économiques fraîches une fois celles-ci publiées. La question demeure cependant de savoir si ces données confirmeront leurs espoirs.
Par ailleurs, les perspectives de croissance économique divergent. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une baisse du taux de croissance américain, passant de 2,8 % à 2 % en 2025. À l’inverse, la zone euro devrait connaître une accélération, passant de 0,9 % à 1,2 %. La Banque de France envisage même de revoir à la hausse ses estimations pour la France, malgré le contexte politique actuel. Ce rétrécissement des écarts de croissance économique soutient la tendance haussière de l’euro face au dollar.
La politique monétaire américaine semble également entrer dans une phase de transition. Le cycle d’assouplissement monétaire serait vraisemblablement achevé, sauf en cas de choc économique majeur. Les taux des fonds fédéraux devraient continuer à baisser, en raison d’un ralentissement attendu du marché du travail et de l’économie américaine. Cependant, des données économiques mitigées pourraient entraîner des fluctuations de l’EUR/USD à court terme.
Au Royaume-Uni, la livre sterling subit les contrecoups des tensions politiques. L’arrivée des travaillistes au pouvoir en 2024 avait initialement renforcé la confiance dans la monnaie, grâce à l’espoir d’une stabilité politique après les remaniements fréquents sous le gouvernement conservateur. Or, la popularité du Premier ministre Keir Starmer est en baisse, et des rumeurs de complot visant à le remplacer ont semé l’inquiétude parmi les investisseurs, incitant à la vente de livres sterling.
Enfin, les tentatives du Japon pour influencer son taux de change semblent vaines. Les conditions actuelles diffèrent de celles de l’année précédente, où Tokyo avait intervenu sur le marché des changes avant de relever ses taux d’intérêt. Aujourd’hui, la politique privilégiée est une relance budgétaire et monétaire. Toute intervention visant à acheter des yens n’aurait qu’un effet temporaire et nécessiterait l’utilisation de réserves de change, des fonds qui pourraient être nécessaires pour honorer les engagements pris par Donald Trump envers l’économie américaine.
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