Publié le 01/01/2026 16h05. Malgré un diagnostic de cancer de l’ovaire, Eva-Lena Bergkvist, athlète de 60 ans, a continué à s’entraîner pendant sa chimiothérapie, constatant un impact positif sur son bien-être physique et mental et établissant même de nouveaux records.
- Eva-Lena Bergkvist a poursuivi son entraînement en athlétisme pendant son traitement contre le cancer, améliorant ainsi son bien-être physique et mental.
- Le Programme national de soins de réadaptation contre le cancer recommande l’activité physique pendant le traitement, soulignant ses bénéfices sur la fatigue, le risque de récidive et la survie.
- Après son traitement, Eva-Lena a retrouvé une force physique supérieure à celle qu’elle avait avant son diagnostic et a établi de nouveaux records sportifs.
Au printemps 2024, Eva-Lena Bergkvist recevait un coup dur : un diagnostic de cancer de l’ovaire, quelques mois seulement après avoir battu plusieurs records en salle dans sa catégorie d’âge au sein du SC vétéran en athlétisme. Elle se sentait bien, venait de remporter l’or au saut en hauteur, au triple saut et au saut en longueur, mais avait ressenti une sensation inhabituelle dans son abdomen.
« Il n’y avait clairement rien qui clochait chez moi physiquement. Je me sentais bien et je venais de remporter l’or au saut en hauteur, au triple saut et au saut en longueur. Mais j’ai senti quelque chose dans mon ventre lorsque je me suis penchée – comme un peu de mozzarella », explique-t-elle en désignant une zone proche du bord de sa chemise.
L’annonce du cancer a déclenché une série d’événements rapides. Plusieurs organes ont été retirés lors de l’opération, notamment les ovaires, l’utérus et la rate. Quelques jours seulement après l’intervention, Eva-Lena était déjà aperçue se promenant au soleil devant l’hôpital universitaire de Norrland à Umeå, toujours sous perfusion. Dès son retour à la maison, elle a repris la marche avec des bâtons.
Eva-Lena a alors examiné son équipement d’entraînement : kettlebells, bandes élastiques, haltères. Elle s’est demandée ce qu’elle pouvait faire et quel niveau d’intensité elle pouvait supporter. Elle a commencé prudemment, consciente des points de suture qui traversaient son abdomen jusqu’au sternum. Au fur et à mesure de sa guérison, elle a progressivement augmenté les poids et le rythme de ses marches.
Quelques semaines après le début de la chimiothérapie, elle a pu reprendre la course à pied. Elle n’a jamais souffert de nausées liées à la chimiothérapie, mais se sentait très fatiguée. Elle laissait alors son corps se reposer quelques jours avant de reprendre l’entraînement.
Dès le début, son objectif était de retrouver le monde de l’athlétisme vétéran. « Je suis une personne incroyablement compétitive », confie Eva-Lena, qui est également ambassadrice de la fondation Aktiv mot cancer, une organisation qui encourage les personnes traitées pour un cancer à faire de l’exercice.
Le Programme national de soins de réadaptation contre le cancer recommande d’ailleurs l’activité physique pendant le traitement, non seulement pour maintenir la forme physique et la masse musculaire, mais aussi pour atténuer les effets secondaires tels que la fatigue. Des études suggèrent également que l’exercice peut réduire le risque de récidive et améliorer la survie dans certains types de cancer, notamment le cancer du sein, de la prostate et du côlon. Une étude récente a révélé que neuf personnes sur dix traitées par chimiothérapie pour un cancer du côlon et ayant bénéficié d’un accompagnement sportif étaient encore en vie huit ans après, contre huit sur dix dans le groupe témoin.
Cependant, intégrer l’exercice dans les soins de santé reste un défi. « Lorsque l’activité physique devient une responsabilité personnelle, ce sont surtout ceux qui sont déjà intéressés qui s’y mettent. Il y a donc une inégalité », explique Elin Ekblom Bak, professeure de sciences du sport au GIH et présidente du réseau Swecanmove, qui vise à structurer l’offre d’activité physique en Suède, notamment pour les personnes en traitement contre le cancer.
Elin Ekblom Bak et ses collègues étudient actuellement l’impact de l’exercice de haute intensité sur l’humeur des hommes traités pour un cancer de la prostate. Les premiers résultats sont encourageants, mais il est essentiel de développer des programmes d’exercices adaptés et agréables pour les patients.
Après des mois d’entraînement acharné, Eva-Lena a établi un nouveau record suédois en salle dans sa catégorie d’âge, cette fois-ci à la levée de poids. « J’ai même mieux lancé qu’avant », se réjouit-elle.
Eva-Lena continue de suivre un suivi médical tous les trois mois, mais elle se projette déjà dans de nouvelles compétitions au printemps prochain. « Mais il n’y a aucune garantie. En fait, nous avons cette vie en prêt », conclut-elle avec philosophie.
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