Home NouvellesL’histoire sordide derrière le triple crime | Raids, un “petit J” Gun aujourd’hui, son passeport et une pelle

L’histoire sordide derrière le triple crime | Raids, un “petit J” Gun aujourd’hui, son passeport et une pelle

by Nicolas Lefèvre

Publié le 28 septembre 2025 07:51:00. Une enquête policière s’intensifie à Buenos Aires après le meurtre brutal de trois jeunes femmes, révélant un réseau de trafic de drogue impliquant des liens potentiels avec des groupes criminels péruviens et des accusations de dissimulation policière.

  • Une perquisition a permis de découvrir une arme à feu, un passeport falsifié et des preuves de transferts d’argent liés au trafic de drogue.
  • Les enquêteurs soupçonnent que les victimes ont été assassinées en représailles, possiblement après avoir dérobé de l’argent ou de la drogue à un groupe criminel.
  • Des allégations de complicité policière et de tentatives de minimisation de l’affaire par le gouvernement suscitent l’inquiétude.

L’enquête sur le triple meurtre de Brenda, Morena et Lara a pris un tournant décisif vendredi soir avec une perquisition au domicile d’une femme liée à un individu connu sous le nom de “Petit Jota”, Tony Janzen Valverde Victoriano. Les forces de l’ordre ont saisi un pistolet Glock de calibre 40, un passeport falsifié destiné au Pérou, et des preuves de transferts d’argent importants effectués via Mercado Pago, suggérant une implication dans le trafic de drogue.

Selon les premiers éléments de l’enquête, “Petit Jota” serait en fuite et pourrait s’être réfugié dans une structure située dans la province de Jujuy. L’organisation criminelle à laquelle il est lié est soupçonnée de contrôler le trafic de cocaïne dans le sud de Buenos Aires depuis des années. Des liens avec le “Chemin brillant” péruvien, notamment le frère d’un baron de la drogue notoire, Marcos Estrada, et même avec des éléments de l’armée, sont également évoqués. Valverde serait le neveu d’Estrada et aurait hérité de son pouvoir, se faisant appeler “Dumbo”.

Les enquêteurs estiment que le meurtre des trois jeunes femmes était un acte de vengeance, prémédité. Un témoin clé, un chauffeur de taxi, a déclaré avoir transporté deux individus couverts de boue depuis le lieu du massacre jusqu’à une autre maison. La découverte d’une pelle dans cette maison a permis d’identifier l’outil utilisé pour enterrer les corps des victimes.

Miguel Angel Villanueva Silva, arrêté avec un complice dans un hôtel, a avoué avoir filmé une vidéo diffusée au sein du groupe criminel. Il affirme que cette vidéo a été visionnée par environ 45 membres de l’organisation. Dans cette vidéo, le baron de la drogue mentionne un vol, sans préciser ce qui a été dérobé.

L’affaire a suscité une vive polémique, notamment en raison d’allégations de dissimulation policière. Des sources indiquent que des crimes similaires ont été commis dans le passé, mais que les corps ont été envoyés dans différents hôpitaux pour minimiser l’impact médiatique. La ministre de la Sécurité, Patricia Bullrich, a été critiquée pour avoir détourné l’attention sur d’autres affaires, laissant de côté l’enquête sur le trafic de drogue.

Par ailleurs, Lázaro Víctor Sotacuro a été arrêté en Bolivie grâce à une opération menée par les autorités argentines. Il est soupçonné d’avoir conduit le camion utilisé pour se rendre sur le lieu du crime. Le procureur Adrián Arribas l’interrogera prochainement.

Les recherches se concentrent désormais sur “Petit Jota”, son bras droit, Matías Agustín Ozorio, et au moins deux tueurs à gages impliqués dans le meurtre des jeunes femmes. L’enquête suggère que le groupe criminel, composé de marginaux, se bat pour le contrôle du commerce de détail de la drogue dans le sud de Buenos Aires. Il aurait commencé à kidnapper les proches d’autres barons de la drogue afin de s’imposer et de s’approprier leurs biens.

Selon le procureur Mónica Cuñarro, les forces de police auraient tenté de dissimuler l’existence de bandes criminelles violentes en dispersant les preuves des crimes dans différents hôpitaux. Elle souligne que ces méthodes sont similaires à celles utilisées par les groupes criminels péruviens après le déclin du “Chemin brillant”, ainsi qu’à celles observées dans les conflits entre les factions criminelles au Brésil et au Mexique.

La production de cocaïne est concentrée au Pérou, en Bolivie et en Colombie, mais l’Équateur joue un rôle croissant dans le trafic. La drogue qui circule dans les quartiers de 1-11-14 et Zavaleta provient du Pérou et arrive en Argentine par la Bolivie et par voie aérienne. Les autorités sont accusées de ne pas concentrer suffisamment leurs efforts sur la lutte contre le trafic de drogue et le blanchiment d’argent, préférant cibler les retraités.

Les victimes de cette violence sont souvent des jeunes filles issues de milieux défavorisés, poussées vers la prostitution et le trafic de drogue par la précarité économique. La baisse de l’activité dans le secteur de la construction et du commerce a eu un impact dévastateur sur les familles de ces quartiers, les rendant vulnérables à l’exploitation criminelle.

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