Publié le 16 mai 2024 14:35:00. Apple renforce la protection de la vie privée de ses utilisateurs en imposant aux développeurs d’applications d’obtenir un consentement explicite avant d’utiliser leurs données pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle tiers.
- Apple exige désormais une transparence totale concernant le partage des données personnelles avec des IA externes.
- Les développeurs doivent obtenir une autorisation claire et spécifique de leurs utilisateurs avant de partager leurs données.
- Cette mise à jour intervient alors que la collecte de données pour l’IA est de plus en plus contestée sur le plan juridique.
Apple vient de durcir ses règles concernant l’utilisation des données personnelles dans le contexte de l’intelligence artificielle. La société exige désormais que les développeurs d’applications soient parfaitement transparents avec leurs utilisateurs quant au partage de leurs informations avec des tiers, notamment des IA développées par d’autres entreprises. Plus important encore, Apple impose l’obtention d’une autorisation explicite avant tout transfert de données.
Selon les nouvelles directives, accessibles ici, les applications devront clairement indiquer où les données personnelles seront envoyées, y compris si elles sont destinées à alimenter des systèmes d’intelligence artificielle externes. Apple précise que le non-respect de ces règles entraînera le rejet de l’application.
La firme de Cupertino se montre particulièrement ferme sur ce point, adoptant une approche qui rappelle la jurisprudence américaine en matière de censure. Comme l’a un jour déclaré un juge de la Cour suprême, Apple se réserve le droit de juger si une application dépasse les limites acceptables, en se basant sur son propre discernement :
« Je le saurai quand je le verrai. »
Juge de la Cour suprême (citation originale)
Cette mise à jour, publiée la semaine dernière, marque une première pour Apple, qui n’avait jusqu’alors pas abordé explicitement la question de l’IA tierce dans ses directives. Le PDG Tim Cook a toujours affiché une certaine prudence vis-à-vis de l’intelligence artificielle, préférant souvent le terme « apprentissage automatique » et tardant à intégrer des fonctionnalités d’IA avancées à Siri. Apple a été décrite comme réticente à adopter pleinement l’IA.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la collecte de données pour l’entraînement des modèles d’IA. La société mère de Mashable, Ziff Davis, a d’ailleurs intenté une action en justice contre OpenAI en avril, alléguant une violation des droits d’auteur. Apple n’est pas à l’abri de poursuites similaires, comme le montrent deux plaintes récentes l’accusant d’avoir utilisé des données protégées par le droit d’auteur pour former ses propres modèles d’IA, provenant de sources illégales ou de « bibliothèques fantômes ».
Le géant de l’IA Anthropic a récemment réglé un recours collectif pour 1,5 milliard de dollars (1,36 milliard d’euros) concernant l’utilisation de données issues de bibliothèques fantômes. Plus d’informations sur ce règlement sont disponibles ici.
Alors qu’Apple serait sur le point d’intégrer Google Gemini pour améliorer Siri, cette nouvelle politique démontre une volonté de protéger les données de ses utilisateurs, même face aux avancées de l’IA.
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