Home SantéLien fort entre l’alimentation occidentale pendant la grossesse et le TDAH

Lien fort entre l’alimentation occidentale pendant la grossesse et le TDAH

by Sophie Martin

Une alimentation riche en graisses et en sucres pendant la grossesse pourrait augmenter le risque de troubles neurodéveloppementaux chez l’enfant, tels que le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et l’autisme, selon une vaste étude danoise.

Les résultats, issus de l’analyse de données concernant plus de 60 000 couples mère-enfant, suggèrent que même des variations modérées vers un régime alimentaire de type occidental sont associées à un risque accru de ces troubles. L’étude ouvre la voie à des interventions diététiques ciblées pour améliorer la santé infantile.

L’étude, menée par le Centre danois pour l’asthme pédiatrique (COPSAC) et l’Université de Copenhague, a identifié un modèle alimentaire occidental caractérisé par une forte consommation de graisses, de sucres et de produits transformés, au détriment des fruits, des légumes et du poisson. Selon le Dr David Horner, auteur principal de l’étude, « plus une femme adhère à un régime alimentaire occidental pendant la grossesse, plus le risque que son enfant développe un TDAH ou un autisme semble grand ». Les données révèlent une augmentation de 66 % du risque de TDAH et de 122 % du risque d’autisme, même avec des écarts alimentaires relativement faibles.

Les chercheurs ont analysé des habitudes alimentaires, des échantillons de sang et des diagnostics de TDAH dans quatre cohortes indépendantes au Danemark et aux États-Unis. L’analyse métabolomique des échantillons sanguins a permis d’identifier 43 métabolites spécifiques liés à un régime occidental et potentiellement impliqués dans le développement de ces troubles. « Nous avons constaté que 15 de ces 43 métabolites étaient particulièrement liés au risque accru de TDAH. Beaucoup de ces métabolites proviennent de l’apport alimentaire et jouent un rôle clé dans la régulation de l’inflammation et du stress oxydatif », explique le Dr Horner.

L’étude souligne que l’impact de l’alimentation maternelle est particulièrement important au cours du premier et du deuxième trimestre de la grossesse, période cruciale pour le développement du cerveau fœtal. Le professeur Morten Arendt Rasmussen, de l’Université de Copenhague, précise : « En comparant les cohortes, nous avons observé les associations les plus fortes au cours des premier et deuxième trimestres, ce qui suggère que le développement du cerveau pendant cette période est particulièrement sensible aux influences nutritionnelles maternelles. »

Les résultats ont été validés dans trois des quatre cohortes étudiées, renforçant la crédibilité de l’étude. Les chercheurs ont également pris en compte des facteurs génétiques et d’autres éléments du mode de vie, tels que l’indice de masse corporelle (IMC) et le tabagisme, afin de garantir la fiabilité des résultats.

Cette étude soulève des questions quant à l’adéquation des recommandations alimentaires actuelles pour les femmes enceintes. Au Danemark, ces recommandations sont similaires à celles de la population générale, privilégiant une alimentation équilibrée riche en légumes, fruits, céréales complètes et poisson. Le Dr Horner estime qu’il est possible que ces recommandations soient insuffisantes et que de nombreux régimes alimentaires pourraient être optimisés pour mieux soutenir le développement du fœtus.

Les cohortes analysées dans l’étude comprennent : COPSAC2010 (508 couples mère-enfant), la cohorte nationale de naissance danoise (DNBC, 59 725 couples mère-enfant), VDAART (États-Unis, 656 couples mère-enfant) et COPSAC2000 (348 couples mère-enfant).

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