La musique possède un pouvoir insoupçonné sur notre cerveau, capable de réveiller des souvenirs enfouis et d’améliorer la qualité de vie, en particulier chez les personnes âgées. Des études récentes confirment son impact positif sur la santé cognitive, émotionnelle et même physique.
L’expérience déterminante d’Eden Brown, psychologue clinicienne, remonte à ses débuts au centre médical des anciens combattants de Washington DC. Elle a été témoin d’une scène frappante : un patient atteint de démence, habituellement replié sur lui-même, s’est levé et a valsé avec le thérapeute dès les premières notes d’une mélodie. Dès l’arrêt de la musique, le résident est retourné à son état initial, comme si un voile s’était refermé sur cet instant de joie.
« C’est à ce moment-là que j’ai compris de manière concrète la forte association entre le cerveau et la musique », explique le Dr Brown. « La musique stimule le cerveau d’une manière unique, en empruntant des voies différentes de celles de la communication verbale. » Cette observation rejoint la célèbre citation d’Henri Wadsworth Longfellow : « La musique est le langage universel de l’humanité. »
La recherche scientifique confirme les bienfaits de la musique. Elle permet de réduire le stress en diminuant le taux de cortisol, d’améliorer l’humeur, de stimuler la motivation et de favoriser les liens sociaux. Des études ont également démontré que l’écoute musicale peut abaisser la tension artérielle, réduire l’anxiété, atténuer la perception de la douleur et améliorer la qualité du sommeil, la vigilance et la mémoire.
Jouer de la musique stimule également le système immunitaire en augmentant la production d’anticorps immunoglobuline A et de cellules tueuses naturelles, essentielles pour combattre les infections virales. Même chez les jeunes adultes en bonne santé, la création d’une « playlist de souvenirs » avec des chansons marquantes de différentes périodes de leur vie peut avoir des effets bénéfiques à long terme sur leur santé cognitive.
Il est toutefois important de ne pas se limiter à une écoute répétitive des mêmes morceaux. Comme toute activité, la nouveauté est essentielle pour stimuler le cerveau. Découvrir de nouveaux styles musicaux représente un défi cognitif qui favorise la croissance et l’adaptation.
La musique engage le cerveau de manière complexe, sollicitant des compétences variées telles que la perception du rythme et l’identification de motifs. Selon un chercheur de l’Université Johns Hopkins, « la musique est structurale, mathématique et architecturale. Elle repose sur les relations entre chaque note. Votre cerveau effectue de nombreux calculs pour en donner un sens, même si vous n’en êtes pas conscient. »
Chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, les souvenirs musicaux sont souvent mieux préservés que d’autres formes de mémoire, car les zones cérébrales impliquées dans le traitement de la musique sont moins touchées par la maladie. La musique peut ainsi déclencher des souvenirs inaccessibles par d’autres moyens, améliorer la vitesse de traitement cognitif et réduire le stress, l’anxiété, la dépression et l’agitation.
Des études menées sur des patients victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ont montré que la musicothérapie peut favoriser la régulation de l’humeur, améliorer la concentration et stimuler la réorganisation neuronale, contribuant ainsi à la récupération de la fonction motrice.
Pour les personnes âgées, l’accès à la musique est un outil précieux, souvent négligé. Des organisations comme Musique et Mémoire s’efforcent de faciliter cet accès dans les maisons de retraite et les établissements de soins de longue durée. Le bénévolat et les dons peuvent également contribuer à offrir aux personnes âgées, en particulier celles aux revenus modestes, un accès à la musique via des smartphones, des tablettes ou des radios.
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