L’état de santé de Ramzan Kadyrov, puissant chef de guerre tchétchène et allié de Vladimir Poutine, suscite de vives inquiétudes. Des informations non confirmées évoquent une hospitalisation d’urgence et une possible perte de conscience, tandis que Moscou reste silencieux sur la situation.
Âgé de 49 ans, M. Kadyrov souffrirait d’une insuffisance rénale et serait actuellement en dialyse dans une clinique privée en Tchétchénie, selon des sources proches des services de renseignement militaire ukrainiens (GUR). Des membres de sa famille, dont des proches venus de l’étranger, se sont rassemblés à ses côtés.
Le GUR affirme que le processus de sélection d’un successeur à M. Kadyrov s’est « intensifié », une décision qui revient en dernier ressort au président Poutine. Aucune réaction officielle n’a été émise par le Kremlin ou les autorités tchétchènes à ce stade.
M. Kadyrov, qui a envoyé des dizaines de milliers de soldats soutenir l’offensive russe en Ukraine, avait récemment nommé son fils aîné, Akhmat, 20 ans, au poste de vice-Premier ministre, une manœuvre interprétée par beaucoup comme une préparation à une éventuelle succession. Cependant, des sources indiquent que M. Kadyrov favoriserait son fils cadet, Adam, 18 ans, également chef de sa sécurité, pour lui succéder, une option qui pourrait ne pas être approuvée par M. Poutine.
L’état de santé fragile du chef tchétchène n’est pas une nouveauté. Il a souvent semblé avoir des difficultés à marcher et à parler, et a connu des variations de poids importantes. Le mois dernier, il avait lui-même laissé entendre qu’il ne s’attendait pas à vivre longtemps : « Si vous écoutez les rumeurs, je ne vivrai pas jusqu’à un âge avancé », avait-il déclaré. « Eh bien, je ne veux pas vivre jusqu’à un âge avancé. Je veux mourir pendant que tout le monde m’aime et me respecte, et [se souvienne de moi] ainsi après ma mort. »
Des rapports faisant état de problèmes de santé graves, notamment une nécrose pancréatique et des troubles rénaux, circulent depuis des années. M. Kadyrov a également affirmé avoir été « empoisonné » et ne plus faire confiance aux médecins de Moscou.
L’opposant russe Mikhaïl Khodorkovski a affirmé que M. Kadyrov était en train de négocier avec des cheikhs arabes pour assurer l’évacuation sécurisée de sa famille et la protection de ses biens, au cas où M. Poutine refuserait de valider la succession de l’un de ses fils.
Ramzan Kadyrov a instauré un régime autoritaire en Tchétchénie, marqué par une répression sévère et des violations des droits de l’homme, ce qui lui a valu de nombreuses sanctions occidentales. Il affirme avoir ramené la paix dans la région, mais ses détracteurs dénoncent un maintien de l’ordre par la force et la terreur.
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