Home AffairesL’imposition d’une loi spéciale aux médecins va «empirer la situation» pour les patients, prédisent les oppositions

L’imposition d’une loi spéciale aux médecins va «empirer la situation» pour les patients, prédisent les oppositions

by Amélie Bernard

Publié le 23 octobre 2025 à 22h04. L’annonce d’une possible loi spéciale visant les médecins québécois a déclenché une vive opposition de la part des partis de l’Assemblée nationale, qui craignent une détérioration du système de santé déjà fragilisé.

  • Les partis d’opposition dénoncent une approche coercitive du gouvernement Legault.
  • Ils préviennent que cette loi risque d’aggraver les pénuries de soins et l’exode des médecins.
  • Les oppositions plaident pour une négociation de bonne foi et l’arbitrage pour les points de friction.

Les représentants de Québec solidaire (QS), du Parti québécois (PQ) et du Parti libéral du Québec (PLQ) ont unanimement critiqué, jeudi, la menace de recourir à une loi spéciale pour imposer un nouveau cadre de rémunération aux médecins. François Legault avait la veille laissé entendre qu’il était prêt à prendre cette mesure si les négociations avec les fédérations médicales échouaient.

Selon Marc Tanguay, porte-parole libéral en matière de santé, cette loi ne fera qu’empirer la situation actuelle.

«Dans la loi spéciale, il y aura le projet de loi 106, ça, c’est clair. C’est la mauvaise approche, on est contre cette approche qui risque de venir diminuer le peu de soins de santé que l’on a au Québec»

Marc Tanguay, porte-parole libéral en matière de santé

Il dénonce un manque de vision et une stratégie à court terme qui risque de démobiliser les médecins. Il s’interroge également sur la capacité du gouvernement à retenir les médecins québécois formés qui choisissent de pratiquer en Ontario.

Vincent Marissal, de QS, partage ce point de vue. Il estime que le gouvernement a compromis ses relations avec la communauté médicale.

«Ce que je constate, c’est que le gouvernement a mis le feu dans ses relations avec ses médecins dont on a besoin au Québec. Puis ça ne fera rien de bon sur le terrain, ça ne réglera strictement rien. Je pense même que ça va empirer encore la situation si la chose est possible»

Vincent Marissal, porte-parole de Québec solidaire en santé

Il déplore une attitude qui privilégie la «chicanerie aux résultats» et rappelle que le gouvernement avait déjà une loi spéciale préparée en coulisses.

Joël Arseneau, responsable des dossiers de santé au PQ, considère que l’imposition d’une loi spéciale est un aveu d’échec des négociations.

«On devait faire place à la négociation et à défaut, confier au moins les questions qui ne sont pas relatives à la rémunération à un arbitre pour essayer d’y voir plus clair puis laisser les législateurs travailler sur le projet de loi 106, ça aurait été une bonne idée aussi»

Joël Arseneau, responsable des dossiers liés à la santé au Parti Québécois

Il propose de recourir à un arbitrage non exécutoire pour les enjeux non monétaires afin de trouver un terrain d’entente.

Les oppositions s’inquiètent particulièrement de la volonté de la CAQ de lier 15 % de la rémunération des médecins à des critères de performance, estimant que cela ne résoudra pas les problèmes d’accès aux soins, notamment en raison des fermetures de salles d’opération.

«Qu’ils aient 15, 25 ou 50% de leur salaire qui est enlevé, il y a encore plus d’opérations, parce que les équipes ne suivent pas, parce que le gouvernement n’a pas fourni les services nécessaires pour que les salles de chirurgie fonctionnent»

Joël Arseneau, responsable des dossiers liés à la santé au Parti Québécois

Les partis d’opposition appellent le gouvernement à revenir sur sa stratégie et à privilégier une approche collaborative pour améliorer le système de santé québécois.

Pour voir l’échange complet, visionnez la vidéo ci-haut.

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