Publié le 2 novembre 2023. Les recettes fiscales irlandaises devraient afficher une forte hausse en novembre, notamment grâce à l’impôt sur les sociétés, ce qui pourrait soulager les tensions budgétaires tout en augmentant la pression pour des dépenses publiques plus importantes.
- Les recettes de l’impôt sur les sociétés pour le mois de novembre pourraient atteindre près de 10 milliards d’euros, en hausse significative par rapport aux 7,75 milliards d’euros de l’année précédente.
- Cette performance fiscale solide devrait permettre à l’Irlande de réaliser un excédent budgétaire, malgré des dépassements de dépenses prévus de près de 4 milliards d’euros.
- La dépendance croissante de l’État aux recettes de quelques grandes entreprises multinationales reste une source de vulnérabilité.
Les chiffres clés des déclarations fiscales de novembre, qui seront publiés mercredi, devraient confirmer une situation financière publique plus favorable que prévu. Les analystes de Davy estiment que l’impôt sur les sociétés, un pilier des finances publiques irlandaises, pourrait générer près de 10 milliards d’euros pour l’État ce mois-ci. Ce montant représente une augmentation notable par rapport aux 7,75 milliards d’euros enregistrés l’année dernière, à l’exception du versement exceptionnel lié au règlement fiscal d’Apple.
Cette bonne performance s’inscrit dans la continuité des résultats solides observés lors des déclarations fiscales de juin, qui constituent traditionnellement un indicateur fiable pour les entreprises clôturant leur exercice en décembre et réglant la majeure partie de leurs impôts en novembre. Les experts soulignent que les bénéfices des grandes entreprises contribuant significativement à l’impôt sur les sociétés restent porteurs.
L’afflux de recettes fiscales devrait permettre à l’Irlande de réaliser un excédent budgétaire cette année, malgré des dépenses publiques qui devraient dépasser de près de 4 milliards d’euros les prévisions initiales. Cette situation pourrait inciter les ministres des Finances, Jack Chambers et Simon Harris, à assouplir leur politique de contrôle des dépenses, surtout si les différents ministères sollicitent des budgets supplémentaires. Leurs engagements en faveur d’une gestion rigoureuse des finances publiques seront donc mis à l’épreuve.
Parallèlement, cette conjoncture favorable devrait alimenter les demandes de l’opposition en faveur d’une aide accrue aux ménages. Le gouvernement devra donc naviguer entre la nécessité de maîtriser les dépenses publiques et la pression pour répondre aux besoins de la population.
Ces perspectives positives contrastent avec les inquiétudes exprimées en avril dernier, lorsque l’ancien président américain Donald Trump avait annoncé son projet de mise en place de droits de douane, suscitant des craintes quant à l’avenir de l’impôt sur les sociétés en Irlande. Cependant, le nouvel afflux de recettes, provenant principalement d’entreprises américaines, pourrait inciter la Maison Blanche à réexaminer sa position et à se concentrer à nouveau sur les entreprises qui opèrent en Irlande.
La vulnérabilité structurelle de l’État en matière fiscale demeure toutefois une préoccupation majeure, les revenus étant de plus en plus dépendants de la performance d’un nombre limité de grandes entreprises. Dans ce contexte, les prochaines déclarations de TVA et d’impôt sur le revenu de novembre seront également scrutées de près. Si la croissance de l’économie irlandaise devait ralentir, la dépendance à l’impôt sur les sociétés pourrait s’accentuer davantage.
Le ministère des Finances anticipe également une nouvelle augmentation des recettes de l’impôt sur les sociétés l’année prochaine, à mesure que les effets du taux de 15 % imposé aux plus grandes entreprises se feront pleinement sentir.
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