Publié le 13 janvier 2026 à 13h02. Un ancien imprimeur dublinois affirme avoir été injustement licencié après avoir porté plainte pour harcèlement et comportement inapproprié envers un collègue, et dénonce un complot orchestré par ses anciens camarades de travail.
- Declan Walsh, 57 ans, a perdu son emploi chez Labelcraft (Poolville Ltd) après avoir accusé un collègue d’agression et de propos dégradants.
- L’entreprise justifie son licenciement par une perte de confiance suite à des accusations jugées infondées concernant une fouille dans ses effets personnels.
- M. Walsh évoque un complot de ses collègues, motivé par sa compétence et son origine géographique.
L’affaire a été portée devant la Workplace Relations Commission (WRC), l’organisme irlandais chargé de régler les litiges en matière de droit du travail. Declan Walsh, qui occupait un poste d’imprimeur lithographique avec un salaire annuel de 48 000 € (environ 56 000 € au taux de change actuel), a été licencié en septembre 2024 de l’imprimerie située à Tallaght, Dublin 24.
Selon M. Walsh, les faits se sont déroulés après qu’il ait signalé à la direction le comportement agressif d’un autre imprimeur, identifié par ses initiales M. M. Il affirme que M. M. l’a menacé et tenu des propos insultants, qualifiés de « comportement de ghetto ». Il a également accusé M. M. d’avoir bénéficié d’un favoritisme en raison de ses origines communes avec un superviseur de l’entreprise.
L’enquête sur la plainte initiale de M. Walsh a été interrompue lorsque la direction a appris qu’il avait tenu des propos concernant une fouille dans son sac par son supérieur hiérarchique. Tony Sullivan, contrôleur financier de l’entreprise, a témoigné devant la WRC, expliquant qu’une enquête disciplinaire a alors été ouverte contre M. Walsh.
Selon M. Sullivan, M. Walsh aurait déclaré à la cantine que son manager avait fouillé ses effets personnels. La lettre de licenciement mentionnait une « fausse allégation » visant à discréditer le manager. M. Walsh a nuancé cette version, affirmant avoir simplement suggéré que le manager avait pu jeter un coup d’œil dans son sac.
Il a expliqué qu’il avait un pot de yaourt fait maison dans son sac et que le manager cherchait à lui trouver des défauts. Il a également insisté sur le fait qu’il n’y avait pas de réelle rupture de confiance avec son supérieur, mais plutôt une conspiration de ses collègues, jaloux de ses compétences.
« En fait, ce sont les autres employés qui complotaient contre moi parce que j’étais meilleur qu’eux dans mon travail. Il y avait une collusion dans mon dos. »
Declan Walsh, ancien imprimeur
M. Walsh a également évoqué des tensions passées avec M. M., notamment une dispute au printemps 2024 qui avait conduit à une modification de l’organisation du travail pour éviter qu’ils ne se croisent. Il avait même recommandé le licenciement de M. M.
L’arbitre Catherine Byrne a dû interrompre M. Walsh à plusieurs reprises lorsqu’il a fait référence à l’accent dublinois de M. M., qu’il associait à un comportement agressif et dégradant. Elle a rappelé que l’origine géographique n’était pas pertinente et a qualifié ses propos d’offensants.
« Si je parais arrogant, c’est uniquement parce que je sais ce que je fais. Je suis proactif et je n’aime pas faire des boulots de merde. »
Declan Walsh, ancien imprimeur
L’audience s’est conclue après le témoignage de M. Walsh concernant les pertes financières subies pendant sa période de chômage. Catherine Byrne a annoncé qu’elle rendrait sa décision dans les meilleurs délais.