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L’Inde veut son propre YouTube : la révolution vidéo Desi commence !

L'Inde pourrait bientôt se doter d'une plateforme vidéo nationale, concurrente à YouTube, dans le cadre d'une stratégie plus large visant à renforcer son autonomie numérique. Cette initiative, évoquée par la direction de Prasar Bharati, s'inscrit dans la vision…

L’Inde veut son propre YouTube : la révolution vidéo Desi commence !

L’Inde pourrait bientôt se doter d’une plateforme vidéo nationale, concurrente à YouTube, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à renforcer son autonomie numérique. Cette initiative, évoquée par la direction de Prasar Bharati, s’inscrit dans la vision du Premier ministre Narendra Modi pour un « Atmanirbhar Bharat » (Inde autonome).

Lors d’un récent échange avec la presse, Gaurav Dwivedi, PDG de Prasar Bharati, a laissé entendre que l’Inde étudie la possibilité de créer une plateforme de partage de vidéos spécifiquement conçue pour répondre aux besoins du marché local. Cette plateforme pourrait ainsi réduire la dépendance du pays vis-à-vis des géants américains du numérique, notamment en matière de monétisation des créateurs de contenu et de diffusion d’informations.

Le Premier ministre Modi a toujours souligné l’importance de l’autonomie numérique pour l’Inde. « Nous devons développer nos propres plateformes numériques », a-t-il déclaré à plusieurs reprises, encourageant l’innovation et l’entrepreneuriat dans ce secteur.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une annonce officielle, cette allusion suggère une volonté de créer un écosystème vidéo indien, axé sur les langues locales, les créateurs de contenu nationaux et le respect de la réglementation indienne. Le gouvernement pourrait envisager un modèle public-privé pour mener à bien ce projet.

YouTube domine actuellement le paysage vidéo numérique en Inde, avec plus de 650 millions de téléspectateurs mensuels de Shorts et 75 millions d’utilisateurs de TV connectée. De plus en plus d’Indiens considèrent YouTube comme leur principale source d’information et de divertissement, une sorte de « nouvelle télévision indienne ».

Cette poussée vers la souveraineté numérique s’inscrit dans une tendance plus large en Inde, qui a déjà promu des alternatives locales à des plateformes étrangères comme Twitter (avec Koo) et dans le domaine du commerce électronique. Les préoccupations concernant les algorithmes des plateformes étrangères, la modération du contenu et la monétisation des créateurs alimentent également cette démarche.

Plusieurs startups indiennes tentent déjà de se faire une place sur le marché de la vidéo, notamment Spark et Roposo (axées sur les vidéos courtes), Scene (contenu en langues régionales) et ShareChat’s Moj (divertissement pour créateurs). JioCinema, avec plus de 500 millions d’installations, propose une combinaison de contenu premium et de vidéos courtes.

Cependant, ces plateformes se concentrent principalement sur des niches spécifiques, comme le contenu court ou régional, et ne constituent pas encore de véritables concurrents à YouTube en termes de portée et de diversité de l’offre. Le récent Brandcast 2025 de Google India a mis en évidence la domination continue de YouTube en Inde, renforçant indirectement l’idée de la nécessité d’alternatives locales.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.