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L’inquiétude concernant la perte de sexualité empêche le traitement du cancer de la prostate

Publié le 15 novembre 2025 à 06h33. Le cancer de la prostate, souvent considéré comme une maladie liée à l'âge, touche de plus en plus d'hommes plus jeunes, soulevant des inquiétudes quant à l'impact sur leur sexualité et…

L’inquiétude concernant la perte de sexualité empêche le traitement du cancer de la prostate

Publié le 15 novembre 2025 à 06h33. Le cancer de la prostate, souvent considéré comme une maladie liée à l’âge, touche de plus en plus d’hommes plus jeunes, soulevant des inquiétudes quant à l’impact sur leur sexualité et leur qualité de vie, et mettant en lumière la nécessité d’un dépistage précoce et d’un accompagnement psychologique.

  • Environ 25 000 hommes sont diagnostiqués chaque année avec un cancer de la prostate en Turquie.
  • La crainte de l’impact du traitement sur la fonction sexuelle peut dissuader les hommes, en particulier les plus jeunes, de consulter un médecin.
  • Les experts soulignent l’importance d’impliquer les conjoints dans le processus de traitement et de briser les tabous entourant cette maladie.

Le cancer de la prostate, une croissance incontrôlée des cellules dans la glande prostatique, est le deuxième cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes dans le monde et en Turquie. Bien qu’il soit plus courant chez les hommes de plus de 50 ans – six cas sur dix surviennent chez les hommes de plus de 65 ans et il est la principale cause de cancer chez les hommes de plus de 70 ans – il peut également être détecté chez des hommes plus jeunes, parfois dès la quarantaine. Cette évolution est source d’inquiétude, car elle touche des hommes en pleine vie active et sexuelle.

Un des obstacles majeurs au diagnostic précoce réside dans la stigmatisation de la maladie et la peur des traitements. De nombreux hommes hésitent à consulter par crainte de perdre leurs fonctions sexuelles. La chirurgie, les traitements médicamenteux, la radiothérapie et la médecine nucléaire sont autant de solutions qui peuvent avoir des effets secondaires sur la sexualité. Les progrès de la chirurgie robotique ont permis de réduire les complications et les séjours hospitaliers, et les nouvelles techniques de radiothérapie améliorent les taux de succès tout en limitant les effets indésirables. De plus, l’oncologie moléculaire offre désormais des traitements ciblés et des immunothérapies prometteuses.

Cependant, la perspective d’une altération de la virilité reste une source d’angoisse pour de nombreux patients. Ils peuvent se sentir coupables ou honteux et préférer cacher leur maladie à leurs proches, y compris à leur conjoint et à leurs enfants. Le toucher rectal, examen essentiel pour le dépistage, est également une source de gêne pour certains hommes, ce qui peut les dissuader de se faire examiner.

« Autrefois, le cancer de la prostate était considéré comme une maladie de la vieillesse, et l’on ne parlait pas beaucoup de l’activité sexuelle. Aujourd’hui, comme on le diagnostique plus tôt, l’altération des fonctions sexuelles liée au traitement est devenue un problème qui dépasse le simple aspect personnel et qui touche également les familles, provoquant un traumatisme psychologique. »

Professeur Nuri Karadurmuş, président de l’Association turque d’oncologie médicale

Les professionnels de santé insistent sur la nécessité d’une approche globale, incluant un soutien psychologique pour les patients et leurs familles. Le professeur Bülent Karabulut, vice-président de l’association, souligne l’importance d’impliquer les conjoints dans le processus de traitement :

« Nous, les médecins, nous nous concentrons sur le cancer et nous nous assurons que le bon médicament est administré. Mais il ne faut pas négliger l’aspect émotionnel. Nous orientons les familles vers des psychiatres, des psychologues et des urologues. Nous invitons également les conjoints des patients à nos consultations. Leur rôle est essentiel, et nous constatons que les maris sont plus enclins à suivre le traitement lorsqu’ils se sentent soutenus par leur partenaire. »

Professeur Bülent Karabulut, vice-président de l’Association turque d’oncologie médicale

L’Association des combattants du cancer constate également un manque de patients se manifestant pour un cancer de la prostate, ce qui témoigne de la stigmatisation persistante de la maladie. La présidente, le Dr Belma Kurdoğlu Akgün, lance un appel aux hommes :

« Malheureusement, le cancer de la prostate est très associé à la masculinité et à la puissance sexuelle. Il y a des patients qui n’informent pas leur conjoint et leurs enfants de leur diagnostic. C’est très douloureux. Nous encourageons les personnes diagnostiquées à nous contacter. »

Dr Belma Kurdoğlu Akgün, présidente de l’Association des combattants du cancer

Les spécialistes recommandent aux femmes de jouer un rôle actif en encourageant leurs maris à se faire dépister, en particulier en cas d’antécédents familiaux. Un test sanguin de PSA (antigène spécifique de la prostate) et un examen urologique sont conseillés à partir de 40 ans. Il est important de noter que le PSA n’est pas un diagnostic définitif et doit être complété par d’autres examens.

Les symptômes du cancer de la prostate à un stade avancé peuvent inclure un débit urinaire lent ou faible, des difficultés à uriner (surtout la nuit), du sang dans les urines ou le sperme, une dysfonction érectile, des douleurs osseuses (hanches, dos, côtes) et, dans de rares cas, une faiblesse ou un engourdissement des jambes ou une perte de contrôle de la vessie ou des intestins.

Il est crucial de consulter un médecin en cas de symptômes, mais il est important de se rappeler que ces symptômes peuvent également être causés par d’autres affections, telles qu’une hypertrophie bénigne de la prostate.

Joe Biden a commencé la radiothérapie après un diagnostic de cancer de la prostate

Joe Biden diagnostiqué avec un cancer de la prostate

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.