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L’Institut Shoresh alerte sur une crise éducative menaçant l’économie

À l'approche des élections israéliennes du 27 octobre, l'Institut Shoresh pour la recherche socio-économique alerte sur une crise éducative et démographique menaçant la viabilité…

L'Institut Shoresh alerte sur une crise éducative menaçant l'économie

À l’approche des élections israéliennes du 27 octobre, l’Institut Shoresh pour la recherche socio-économique alerte sur une crise éducative et démographique menaçant la viabilité économique à long terme du pays, avec une productivité du travail désormais à la traîne de la majorité des pays du G7.

La chute de la productivité face au G7

Israël est passé du statut d’économie performante devançant les grandes nations industrialisées à celui de pays à la traîne sur un indicateur clé de productivité. Selon un rapport publié par l’Institut Shoresh pour la recherche socio-économique, la productivité globale des facteurs s’établissait à 15 % sous la moyenne du G7 en 2023, alors qu’elle la dépassait de 9 % en 1975.

Cette mesure évalue l’efficacité avec laquelle une économie combine le travail et le capital pour générer des biens et des services. Un autre indicateur, la production par heure travaillée, montre un recul comparable. En 1972, Israël dépassait tous les pays du G7, mais n’en devançait plus que six sur sept en 2024, selon les calculs de l’institut relayés par le Jerusalem Post. Le volume produit par heure travaillée affichait un retard de 34 % par rapport à l’Allemagne et de 30 % par rapport aux États-Unis, le Japon constituant la seule exception notable.

L'Institut Shoresh alerte sur une crise éducative menaçant l'économie
Photo : jpost.com

Le gouffre éducatif et la fracture démographique

Le professeur Dan Ben-David, président de l’institut Shoresh, attribue ce recul à une réorientation des investissements publics intervenue à partir des années 1970 au profit d’intérêts sectoriels, au détriment des infrastructures de base, de l’éducation et des services publics. Cette tendance fragilise le capital humain nécessaire pour préserver un niveau de vie élevé.

La situation se reflète dans les évaluations internationales des élèves. Les résultats d’Israël lors de l’enquête PISA 2025 placent les élèves des écoles d’État religieuses sous 76 % des pays de l’OCDE, et ceux des écoles juives laïques sous 81 %, d’après l’analyse des performances moyennes en mathématiques, sciences et lecture signalée par le quotidien de Jérusalem.

Les déséquilibres démographiques accentuent cette pression. En 2026, les enfants ultra-orthodoxes, ou haredim, représentent 25 % des élèves de première année (CP), et les enfants arabophones 23 %. La part de la population ultra-orthodoxe grandit rapidement : les haredim ne formaient que 6 % des personnes âgées de 50 à 54 ans, mais atteignent 26 % chez les enfants de quatre ans et moins.

L'Institut Shoresh alerte sur une crise éducative menaçant l'économie
Photo : Letemps

La plupart des garçons ultra-orthodoxes ne suivent pas le programme d’études de base complet et ne participent pas à ces examens, d’après les précisions du rapport. L’article du Jerusalem Post souligne que la société israélienne subit des tensions sur fond de malaise éducatif où certains observateurs, à l’instar d’habitants de Tel-Aviv interrogés à l’occasion du scrutin du 27 octobre, estiment qu’en observant les écoles et les transports publics, le pays donne l’impression d’appartenir au « tiers-monde ».

Subventions sectorielles et fuite des cerveaux

L’État a continué d’allouer des fonds massifs aux secteurs non productifs. En 2024, le gouvernement a dépensé 37,5 milliards de shekels en subventions et prestations destinées à la communauté ultra-orthodoxe, un montant supérieur de 10,83 milliards de shekels aux investissements combinés de l’État dans les hôpitaux et l’enseignement supérieur pour cette même année.

Cette structure budgétaire repose sur une base fiscale de plus en plus étroite. Le quintile supérieur des revenus a fourni 93 % des recettes de l’impôt sur le revenu en 2024, contre 83 % en 2000, rendant le pays vulnérable lorsque des travailleurs qualifiés choisissent de s’expatrier selon les données de l’institut Shoresh.

La prochaine élection déterminera qui gouvernera Israël, mais la question plus profonde est de savoir quel type de pays le gouvernement dirigera d’ici une génération.

Prof. Dan Ben-David, président de Shoresh, via Jpost

Face à ces défis, le programme « Israël 2.0 » proposé par l’institut Shoresh préconise une fusion des quatre filières éducatives actuelles en un tronc commun obligatoire et uniforme, l’alignement du financement public sur le respect de ce programme, ainsi qu’une réorientation des dépenses vers les priorités nationales.

La fenêtre de tir pour le changement est encore ouverte, mais elle se referme.

Prof. Dan Ben-David, président de Shoresh, via Jpost

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.