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L’UA exhorte Pretoria à traiter les violences xénophobes comme une crise

La Commission des droits de l’Homme de l’Union africaine exhorte Pretoria à traiter les violences xénophobes comme une crise après la mort d’un ressortissant étranger, battu à…

Un homme masqué, drapé dans un drapeau sud-africain, se tient dans la rue tandis que des badauds se rassemblent derrière lui

La Commission des droits de l’Homme de l’Union africaine exhorte Pretoria à traiter les violences xénophobes comme une crise après la mort d’un ressortissant étranger, battu à mort par une foule de près de cinquante personnes à Durban le 22 octobre 2026.

Le meurtre de Durban et l’enquête de la police sud-africaine

Un ressortissant étranger âgé d’entre la fin de la trentaine et le début de la quarantaine a perdu la vie dans le centre-ville de Durban le jeudi 22 octobre 2026. D’après les éléments communiqués par les forces de l’ordre, la victime se tenait sur le bord de la route lors d’une manifestation anti-immigration lorsque deux individus ont quitté le cortège pour l’aborder, selon une information rapportée par la chaîne britannique BBC. L’homme a ensuite été pris à partie par un groupe d’environ cinquante personnes qui l’ont lynché en pleine rue.

L'UA exhorte Pretoria à traiter les violences xénophobes comme une crise
Photo : Yahoo Actualités

Le décès a été constaté directement sur les lieux de l’agression. Le Service de police sud-africaine (SAPS) a ouvert une enquête pour meurtre. Pour l’heure, les autorités n’ont pas établi la nationalité précise de la victime et le mobile exact de l’attaque reste indéterminé, l’agence américaine Associated Press rapportant qu’aucun motif n’a pu être établi, tandis que le porte-parole de la police provinciale, Robert Netshiunda, a affirmé à la BBC ne pas pouvoir spéculer sur le mobile des meurtriers de Durban.

La réaction de l’Union africaine et la menace d’un crime contre l’humanité

Face à cet homicide, la Commission africaine des droits de l’Homme de l’Union africaine a réagi vivement en demandant aux autorités sud-africaines de qualifier les attaques dirigées contre les étrangers de crise. L’organe continental estime que les circonstances entourant cet assassinat pourraient constituer un crime contre l’humanité, ajoutant dans son communiqué que l’Afrique du Sud a l’obligation de mener une enquête rapide pour éviter toute impunité, tout en rappelant qu’en juillet dernier, un Parlement panafricain avait déjà épinglé Pretoria.

Afrique du Sud : à Durban, les ressortissants congolais interpellent la police • FRANCE 24

L’institution internationale rappelle au gouvernement de Pretoria son obligation légale de mener des investigations rapides pour éviter que ne s’installe un climat d’impunité face à la violence xénophobe. Cette prise de position intervient dans un climat diplomatique déjà lourd, marqué par des tensions récurrentes entre l’Afrique du Sud et d’autres pays du continent au sujet de la protection des expatriés.

Un climat de violences xénophobes alimenté par la pauvreté et les échéances électorales

Ce meurtre s’inscrit dans un cycle de manifestations xénophobes qui secouent le pays depuis plusieurs mois. De nombreuses marches réclamant le départ des migrants en situation irrégulière ont régulièrement dégénéré, ciblant des commerces et des véhicules à Durban ainsi qu’à Soweto, près de Johannesburg, où d’après la BBC des boutiques et des voitures ont été incendiées en octobre.

Un ressortissant étranger battu à mort lors d’une marche en Afrique du Sud, sur fond de tensions anti-immigrés croissantes
Photo : Mezha.net

L’immigration est devenue un thème central du débat public à l’approche des élections municipales prévues le 4 novembre 2026. Des groupes locaux exigent l’expulsion de tous les sans-papiers, tandis que le gouvernement fait face à un mécontentement populaire alimenté par des taux de chômage élevés, des inégalités profondes et des services publics sous tension, alors qu’africaradio.com signale que la veille du drame, des chauffeurs de VTC avaient défilé aux côtés du mouvement March and March.

Nous ne pouvons pas vivre avec ces gens depuis tant d’années et, maintenant que nous disons que c’en est trop, que ça suffit, on nous accuse d’être xénophobes.

Jacinta Ngobese-Zuma, figure de proue du mouvement March and March, via BBC

Alors que des dizaines de milliers de ressortissants étrangers ont choisi de quitter le pays par crainte pour leur sécurité ou ont été expulsés dans le cadre d’une campagne de répression gouvernementale menée depuis le début de l’année, africaradio.com évalue à plus de 200 000 le nombre de personnes ayant fui le pays, tandis que plusieurs États africains, dont le Nigeria qui a imputé à l’Afrique du Sud la responsabilité de la mort de ses concitoyens et le Ghana qui a confirmé la mort de l’un de ses ressortissants tué par balle, ont exprimé leur préoccupation suite aux troubles récents.

Afrique du Sud : un ressortissant étranger lynché en marge de manifestations antimigrants à Durban
Photo : africaradio.com

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.