Publié le 13 novembre 2025 11h33. Michael Burry, l’investisseur rendu célèbre par son pari réussi contre le marché immobilier américain avant la crise financière de 2008, a radié sa société de gestion d’actifs des autorités de régulation américaines, suscitant des interrogations sur son avenir et sa vision actuelle des marchés.
- Scion Asset Management, la société de Michael Burry, ne figure plus sur les registres de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine.
- Un message attribué à Burry, dont l’authenticité n’a pas été confirmée, suggère qu’il restitue le capital de ses investisseurs, estimant que ses évaluations ne correspondent plus aux valorisations du marché.
- L’investisseur a récemment critiqué les valorisations des actions liées à l’intelligence artificielle et a démenti avoir pris une position massive contre l’entreprise Palantir Technologies.
Le statut d’enregistrement de Scion Asset Management, qui gérait 154 millions de dollars d’actifs en mars dernier, a été annulé lundi par la SEC, selon des documents consultés par Reuters et MarketWatch. Aux États-Unis, l’enregistrement auprès de la SEC est obligatoire pour les fonds gérant plus de 100 millions de dollars (environ 92 millions d’euros).
La radiation ne signifie pas nécessairement la fermeture de l’entreprise, mais pourrait indiquer que Scion Asset Management a réduit ses actifs sous gestion en dessous du seuil requis pour l’enregistrement. Un message, rapidement devenu viral sur les réseaux sociaux, prétendait que Burry avait adressé une lettre à ses investisseurs, expliquant qu’il leur rendait leur capital.
« Mon estimation de la valeur des titres n’est pas actuellement, et n’a pas été depuis un certain temps, conforme aux marchés. »
Michael Burry (message attribué)
Cette déclaration s’aligne avec ses récentes critiques concernant les valorisations des entreprises du secteur de l’intelligence artificielle (IA), ainsi qu’avec son message laconique publié le 31 janvier 2023 sur son compte X (anciennement Twitter) : un simple mot, « Vendre ». Depuis, l’indice S&P 500, référence du marché boursier américain, a progressé de 75 %.
Burry a également tenu à clarifier une information erronée concernant une prise de position contre la société Palantir Technologies. Il a affirmé que son pari à la baisse sur l’action Palantir ne s’élevait qu’à 9,2 millions de dollars (environ 8,5 millions d’euros), contredisant les affirmations de certains médias financiers américains qui évoquaient un montant de 912 millions de dollars (environ 840 millions d’euros). Il a dénoncé une exagération de la part des journalistes.
Sur son compte X, Burry a publié le 25 novembre un message énigmatique : « Impliqué dans des choses bien meilleures ». Il a également partagé une capture d’écran d’une scène du film Le Grand Short, qui relate les événements ayant conduit à l’effondrement du marché immobilier américain et le rôle des quelques investisseurs qui l’avaient anticipé. La scène montre l’acteur Christian Bale, qui incarne Burry, allongé sur le sol, avec la légende : « Moi alors, moi maintenant. Eh bien. Les choses sont réglées. Elles seront réglées. »

Cette référence au film semble évoquer les moments où les investisseurs ont perdu confiance en Burry après ses paris audacieux contre le marché immobilier, certains exigeant même le remboursement de leurs fonds.
Il convient de rappeler que Burry avait déjà fermé son premier fonds de capital-risque, Scion Capital, en 2008 avant de lancer Scion Asset Management en 2013.
