Publié le 7 janvier 2024 à 11h38. L’Iran est confronté à une vague de contestation sans précédent qui s’étend à plus de la moitié de ses provinces, tandis que Téhéran accuse les États-Unis et Israël d’ingérence et menace de représailles en cas d’intervention extérieure.
- Les manifestations, qui ont débuté fin décembre, ont déjà fait au moins 35 morts et entraîné l’arrestation de 1 200 personnes.
- L’Iran dénonce une escalade de la rhétorique hostile de Washington et de Jérusalem, les considérant comme une menace directe.
- Le président iranien a appelé les forces de sécurité à faire la distinction entre manifestants pacifiques et « émeutiers ».
La République islamique d’Iran a mis en garde contre toute intervention extérieure dans le contexte des manifestations actuelles, dénonçant ce qu’elle considère comme une escalade de la rhétorique hostile de la part des États-Unis et d’Israël. Amir Hatami, chef de l’armée iranienne, a déclaré que Téhéran répondrait à toute menace, promettant des représailles plus sévères que celles observées en juin dernier, sans préciser à quoi cette référence faisait allusion.
Ces déclarations interviennent après que le président américain Donald Trump a menacé d’une action américaine si l’Iran continuait à réprimer les manifestants. Israël est également accusé par Téhéran de chercher à déstabiliser le régime en déployant ses services de renseignement sur le terrain pour encourager les protestations.
Le président iranien Masoud Pezeshkyan a appelé mercredi les forces de sécurité à la prudence, insistant sur la nécessité de distinguer les manifestants pacifiques des individus qu’il qualifie d’« émeutiers ». Selon son vice-président, Mohammad Jafar Ghaempanah,
« Ceux qui portent des armes à feu, des couteaux ou des machettes et attaquent les commissariats de police et les installations militaires sont des émeutiers. Une distinction claire doit être faite entre manifestants et émeutiers. »
Masoud Pezeshkyan, président iranien (via Mohammad Jafar Ghaempanah)
Les protestations, qui ont débuté le 28 décembre à Téhéran, ont été initialement déclenchées par la colère des commerçants face à la dévaluation de la monnaie iranienne. Elles ont rapidement pris une dimension politique, attirant des étudiants et d’autres groupes de la population. La démission de Mohammed Rez Farzín, gouverneur de la banque centrale, à la fin de l’année dernière, avait déjà été une conséquence directe de la pression économique et des premières manifestations.
Les troubles actuels représentent la plus importante vague de contestation en Iran depuis trois ans. Bien qu’ils ne soient pas encore aussi vastes que les manifestations de 2022 et 2023, déclenchées par la mort de Mahsa Amini, ou celles de 2009 suite à l’élection présidentielle, ils constituent un défi majeur pour le pouvoir en place. Les protestations se sont étendues à 23 des 31 provinces iraniennes et touchent au moins 40 villes du pays.