Home SantéL’obésité mène-t-elle toujours au diabète ? Et d’autres questions sur le diabète répondues

L’obésité mène-t-elle toujours au diabète ? Et d’autres questions sur le diabète répondues

by Sophie Martin

Publié le 2025-11-23 07:00:00. Le surpoids augmente-t-il inévitablement le risque de développer un diabète ? Des spécialistes expliquent les mécanismes en jeu, les différents types de diabète, et les moyens de prévention, tout en soulignant les avancées récentes en matière de traitement.

  • Le surpoids n’entraîne pas systématiquement un diabète, mais peut induire une résistance à l’insuline.
  • Il existe différents types de diabète, les plus courants étant le diabète de type 1 et le diabète de type 2.
  • Une perte de poids significative peut parfois conduire à une rémission du diabète de type 2, grâce aux progrès de la médecine.

Le lien entre surpoids et diabète est complexe. Selon le Dr Arianne van Bon, interniste-endocrinologue à l’hôpital Rijnstate d’Arnhem, l’excès de poids peut rendre l’organisme moins sensible à l’insuline, hormone produite par le pancréas et essentielle à l’absorption du sucre dans le sang. Lorsque cette sensibilité diminue, notamment avec l’accumulation de graisse abdominale, le pancréas doit produire davantage d’insuline pour maintenir un taux de sucre stable.

Ce phénomène s’explique par un processus inflammatoire. « Lorsque l’on passe d’un poids normal à un surpoids, les cellules graisseuses gonflent et attirent des cellules inflammatoires. Cette inflammation crée une résistance à l’insuline », explique le Dr van Bon. Elle décrit cette situation comme une « surcharge » pour le pancréas, soulignant que certaines personnes ne peuvent pas maintenir cet effort sur le long terme, augmentant ainsi leur risque de diabète.

Le Dr Jan Steven Burgerhart, interniste-vasculaire à l’hôpital BovenIJ d’Amsterdam, nuance cette affirmation : « Il ne faut pas croire que toute personne obèse développera un diabète. Il existe même des personnes souffrant d’obésité sévère qui conservent une glycémie normale. Cependant, le risque est accru si des antécédents familiaux de diabète existent. »

Il est important de distinguer les différents types de diabète. Outre le diabète héréditaire, le diabète gestationnel, le prédiabète, le diabète de type 3c et le diabète lié à la fibrose kystique (CFRD), les formes les plus courantes sont le diabète de type 1 et le diabète de type 2.

Le diabète de type 1, qui représente environ 10 % des cas, débute généralement dans l’enfance ou l’adolescence (entre 0 et 35 ans). Il s’agit d’une maladie auto-immune qui détruit les cellules productrices d’insuline, obligeant les patients à s’injecter de l’insuline quotidiennement, soit par piqûre, soit à l’aide d’une pompe.

Le diabète de type 2, bien plus fréquent (environ 90 % des cas), est lié à une combinaison de facteurs génétiques et de mode de vie. Dans ce cas, le pancréas s’épuise progressivement. « La ‘fabrique’ est surchargée, ce qui entraîne une diminution progressive de la production d’insuline », illustre le Dr van Bon.

Les complications du diabète peuvent être graves. « Une exposition prolongée à une glycémie élevée peut entraîner des complications à long terme, notamment un risque accru de maladies cardiovasculaires », prévient le Dr van Bon. Le surpoids, le diabète et les maladies cardiovasculaires sont étroitement liés : 86 % des personnes atteintes de diabète de type 2 sont en surpoids, et près de la moitié présentent des problèmes cardiaques ou vasculaires. Malheureusement, la moitié des personnes atteintes de diabète de type 2 décèdent des suites de ces maladies.

Les maladies cardiovasculaires sont souvent causées par l’athérosclérose, un processus d’accumulation de graisses sur les parois des artères, pouvant entraîner des accidents vasculaires cérébraux ou des infarctus du myocarde. Le diabète peut également endommager les yeux, les reins et les nerfs.

Pour prévenir le diabète de type 2, une hygiène de vie saine est essentielle. Le Dr van Bon recommande l’activité physique régulière, une alimentation variée et équilibrée, un sommeil suffisant et la limitation de la sédentarité. Elle souligne également l’importance de gérer le stress : « Le stress chronique, qu’il soit lié au travail ou au manque de sommeil, augmente le taux de cortisol, favorisant l’accumulation de graisse abdominale et les envies d’aliments riches en calories. »

« En d’autres termes, on a tendance à grignoter et à céder à ses envies. C’est pourquoi l’on recherche souvent du chocolat ou des chips le soir. On devrait aller se coucher, mais on reste sur le canapé avec des snacks – c’est là que les choses se compliquent », ajoute-t-elle.

Les perspectives de traitement du diabète de type 2 se sont améliorées ces dernières années. Le Dr Burgerhart évoque l’étude the Direct Trial, lancée en 2008 au Royaume-Uni, qui a démontré qu’une perte de poids significative, obtenue rapidement après le diagnostic, pouvait conduire à une rémission du diabète chez près de la moitié des patients. Les nouveaux médicaments antidiabétiques et les interventions chirurgicales pour l’obésité, comme le bypass gastrique, contribuent également à cette rémission.

« Il est encourageant de constater que la rémission du diabète est désormais reconnue dans les recommandations de bonnes pratiques pour les médecins généralistes, avec une section dédiée à ce sujet. Il y a dix ans, nous n’y croyions pas autant », souligne le Dr Burgerhart. Il insiste toutefois sur la nécessité d’un suivi régulier de la glycémie, même après une rémission.

Enfin, le Dr Burgerhart précise que même en l’absence de surpoids, le diabète de type 2 peut survenir en raison d’un dysfonctionnement du pancréas. « Dans ce cas, il peut s’agir d’un diabète lié à l’âge, où le pancréas est simplement usé, ou de maladies comme la mucoviscidose, qui affectent le pancréas. »

Concernant le risque de développer un diabète en cas de surpoids, le Dr Burgerhart estime qu’il est significativement plus élevé : « Avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 27, le risque de développer un diabète au cours de sa vie est d’environ 1 sur 6. Cependant, adopter un mode de vie sain peut améliorer ces perspectives. » Il précise que l’apparition du diabète est généralement progressive, sur une période d’environ 10 ans, et que la prévention passe par une attention particulière au poids et au mode de vie.

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