Publié le 24 décembre 2024. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a effectué une visite surprise dans le sud de la Syrie, une zone tampon de plus en plus convoitée par Israël, suscitant des inquiétudes à Damas et à Washington quant à une réévaluation des priorités stratégiques américaines dans la région.
- Netanyahu a visité ce que l’État hébreu considère comme une « zone tampon » en Syrie, accompagné de hauts responsables militaires.
- Cette visite intervient après une rencontre entre le président syrien et le président américain à Washington, un événement perçu comme une menace par Israël.
- Israël cherche à maintenir une présence militaire durable dans le sud syrien, notamment pour prévenir une répétition des attaques du 7 octobre.
La visite de Benjamin Netanyahu dans le sud de la Syrie, accompagnée de son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, de son ministre de la Défense Yisrael Katz et de hauts commandants militaires, marque une nouvelle escalade des tensions dans la région. Cette incursion, qui a vu le drapeau israélien être brièvement hissé sur un sommet syrien, est interprétée comme une démonstration de force et une affirmation de la présence militaire israélienne dans une zone stratégique depuis la chute du régime d’Assad.
Le timing de cette visite est particulièrement sensible. Elle survient peu après la rencontre entre le président syrien Ahmed al-Sharaa et le président américain à Washington. Tel Aviv considère cette rencontre comme un signal inquiétant, craignant un rapprochement entre les États-Unis et la Syrie qui pourrait remettre en question l’accord de sécurité informel existant entre Israël et Damas. Les décideurs israéliens s’interrogent sur l’évolution des priorités de l’administration américaine, qui semble accorder une importance croissante aux partenariats économiques et stratégiques avec les États du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et la Turquie, au détriment peut-être des intérêts israéliens en Syrie, au Liban, à Gaza et en Iran.
Selon des observateurs, la rhétorique belliqueuse de Netanyahu, qui a menacé depuis le territoire syrien de poursuivre une guerre sur plusieurs fronts, relève davantage d’une stratégie de communication politique que d’une réelle préparation opérationnelle. Il s’agit, pour le chef du gouvernement israélien, de rappeler la capacité de son armée à frapper n’importe où et de maintenir la pression sur ses adversaires.
Au-delà de la dimension géopolitique, Israël cherche à consolider sa présence militaire dans le sud syrien sous prétexte de protéger la minorité druze, menacée par des groupes armés locaux. Cependant, les motivations israéliennes semblent plus larges. Israël aspire à conserver des points stratégiques fixes dans cette région, qu’il pourrait utiliser comme levier de négociation dans d’éventuelles futures discussions de « normalisation » avec Damas.
La présence militaire israélienne dans le sud de la Syrie est également motivée par la crainte d’une répétition du scénario du 7 octobre. Israël souhaite empêcher le développement de groupes combattants sunnites dans cette région et maintenir une zone tampon sécurisée pour protéger ses frontières nord. La doctrine israélienne, baptisée « doctrine du Sud actif », privilégie désormais une approche proactive et préventive en matière de sécurité, plutôt qu’une simple défense réactive.
Enfin, cette démonstration de force s’inscrit dans un contexte politique interne difficile pour Netanyahu, confronté à des accusations de corruption et à une crise politique majeure. En multipliant les « exploits » médiatiques et militaires, il cherche à redorer son image auprès de l’opinion publique israélienne.
À ne pas manquer
