Home SantéL’odeur des aliments gras pendant la grossesse favorise l’obésité chez la prochaine génération

L’odeur des aliments gras pendant la grossesse favorise l’obésité chez la prochaine génération

by Sophie Martin

L’exposition aux odeurs d’aliments gras pendant la grossesse pourrait altérer le développement cérébral du fœtus et prédisposer l’enfant à l’obésité, selon une étude menée par l’Institut Max Planck de recherche sur le métabolisme. Des chercheurs ont observé que cette exposition influence la réponse du cerveau aux aliments riches en graisses, même chez des mères ayant une alimentation saine.

L’étude, publiée le 1er décembre 2025 dans Nature Metabolism, a révélé que des souris enceintes nourries avec un régime faible en gras, mais enrichi en odeurs de graisses comme celles du bacon, ont eu une progéniture plus susceptible de développer une obésité et une résistance à l’insuline – un signe précurseur du diabète de type 2 – lorsqu’elle a été exposée à un régime riche en graisses.

Ce qui est particulièrement frappant, soulignent les chercheurs, est que les mères elles-mêmes n’ont pas subi de changements métaboliques significatifs. L’impact se manifeste au niveau du cerveau de la progéniture. Le système dopaminergique, impliqué dans la motivation et la récompense, ainsi que les neurones AgRP, qui régulent la faim et le métabolisme, présentent une réactivité différente face aux aliments gras.

« Le cerveau de la progéniture ressemblait à celui de souris obèses, simplement parce que leurs mères avaient mangé des aliments sains qui sentaient les aliments gras », explique Laura Casanueva Reimon, co-auteure principale de l’étude.

Les chercheurs ont identifié que les fœtus sont exposés à ces odeurs via le lait maternel, tant in utero que pendant l’allaitement. Ils ont même démontré que l’activation artificielle des voies neuronales liées à l’odeur des graisses pendant la période néonatale suffisait à déclencher une prédisposition à l’obésité à l’âge adulte.

Sophie Steculorum, responsable de l’étude, précise : « Notre découverte change notre vision de la façon dont l’alimentation d’une mère peut influencer la santé de ses enfants. Jusqu’à présent, l’accent était mis sur la santé maternelle et les effets négatifs d’un régime riche en graisses. Nos résultats suggèrent que les odeurs auxquelles les fœtus et les nouveau-nés sont exposés pourraient influencer leur santé future, indépendamment de celle de leur mère. »

L’équipe a également découvert que certains arômes utilisés pour composer les régimes alimentaires contenaient des ingrédients fréquemment employés comme additifs alimentaires. Un seul de ces additifs pourrait reproduire les effets observés sur la progéniture. « Nous pensons qu’il est important de mener des recherches plus approfondies pour comprendre comment la consommation de ces substances pendant la grossesse ou l’allaitement pourrait affecter le développement et la santé métabolique des bébés », ajoute Sophie Steculorum.

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