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L’opération américaine au Venezuela porte atteinte au droit international

by Clara Dubois

Publié le 6 janvier 2026 à 13h07. Une opération militaire américaine au Venezuela, qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse, a été vivement condamnée par l’ONU, qui dénonce une violation flagrante du droit international.

  • Les Nations Unies dénoncent une violation du droit international suite à l’intervention américaine au Venezuela.
  • L’opération a fait 55 morts, dont des militaires vénézuéliens et cubains.
  • Nicolás Maduro a comparu devant un tribunal de New York, niant les accusations portées contre lui.

L’intervention américaine au Venezuela, qui s’est déroulée samedi dernier, suscite une vague de condamnations internationales. Selon les Nations Unies, cette opération militaire, qui a abouti à l’arrestation du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, constitue une atteinte inacceptable aux principes fondamentaux du droit international.

Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a déclaré aux journalistes à Genève :

« Les États ne doivent pas menacer ou recourir à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un quelconque État. Et c’est ce que nous constatons. »

Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme

Elle a appelé la communauté internationale à se prononcer clairement contre cette action, la qualifiant de violation du droit international.

L’opération, menée par des commandos américains appuyés par des moyens aériens et navals, a abouti à la capture de Nicolás Maduro et de son épouse. Le Venezuela et Cuba ont annoncé un bilan de 55 militaires tués. Cuba a publié la liste des 32 membres de ses forces armées décédés lors de l’assaut sur Caracas, incluant trois officiers supérieurs du ministère cubain de l’Intérieur. L’armée vénézuélienne a également diffusé une liste de 23 de ses militaires tués, parmi lesquels cinq amiraux.

Nicolás Maduro a comparu hier devant un tribunal de New York pour répondre à des accusations de trafic de drogue et autres crimes, formulées par Washington. Il a affirmé avoir été kidnappé et a réaffirmé sa légitimité en tant que président du Venezuela. Il est arrivé au pouvoir en 2013, succédant à Hugo Chávez.

Les États-Unis et l’Union européenne accusent M. Maduro d’avoir maintenu son pouvoir par des fraudes électorales – la dernière remontant à 2024 – et par la répression de l’opposition, tout en étant confronté à des problèmes de corruption généralisée.

Mme Shamdasani a souligné que le bureau des droits de l’homme de l’ONU documentait depuis des années la « détérioration continue » de la situation au Venezuela. Cependant, elle a rejeté les justifications américaines pour l’intervention, insistant sur le fait que la responsabilisation pour les violations des droits ne peut être obtenue par une action militaire unilatérale.

« Utiliser des arguments relatifs aux droits de l’homme pour justifier ce type d’intervention militaire est inacceptable. »

Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme

Elle craint que cette intervention ne risque d’aggraver la situation.

Les autorités vénézuéliennes ont décrété l’état d’urgence samedi, autorisant des perquisitions, restreignant la liberté de circulation et suspendant le droit de manifester. L’ONU s’inquiète de ces mesures.

Le bureau des droits de l’homme de l’ONU suit la situation depuis le Panama, son personnel international ayant été expulsé du Venezuela début 2024. L’agence humanitaire des Nations Unies, OCHA, estime que près de huit millions de Vénézuéliens – soit un quart de la population – avaient besoin d’une aide humanitaire avant même l’opération américaine. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés, le HCR, n’a pour l’instant pas constaté de déplacements massifs de population.

Le rapporteur spécial des Nations Unies sur la lutte contre le terrorisme, le professeur Ben Saul, a souligné que la coopération juridique internationale, l’extradition et le partage de renseignements sont les voies appropriées pour traiter les accusations de trafic de drogue ou d’autres crimes graves. S’exprimant sur RTÉ, il a ajouté qu’il n’y a aucune justification pour intervenir militairement dans un autre pays afin de changer de régime, et que le Conseil de sécurité de l’ONU est le cadre approprié pour de telles décisions.

Par ailleurs, María Corina Machado, figure de proue de l’opposition vénézuélienne, a annoncé son intention de rentrer rapidement au pays, affirmant que son mouvement est prêt à remporter des élections libres.


En savoir plus – Secteur pétrolier et minier du Venezuela : une fiche d’information


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