Home MondeL’opération spéciale internationale contre le trafic d’antiquités a été commandée depuis un centre à Sofia (Vidéo)

L’opération spéciale internationale contre le trafic d’antiquités a été commandée depuis un centre à Sofia (Vidéo)

by Clara Dubois

Publié le 21 novembre 2024 08h15. Un vaste réseau international de trafic d’antiquités a été démantelé grâce à une opération coordonnée par Europol et impliquant plusieurs pays européens. Plus de 3 000 objets d’art et antiquités, d’une valeur estimée à plus de 100 millions d’euros, ont été saisis.

  • Un réseau criminel organisé a financé des fouilles illégales en Bulgarie, en Grèce, dans les Balkans et en Italie.
  • Plus de 3 000 objets d’art et antiquités ont été découverts lors d’une opération internationale coordonnée depuis Sofia.
  • 35 personnes ont été arrêtées, dont un Grec interpellé en possession d’un important butin.

L’opération, qui a débuté en 2020 avec une première saisie majeure en Bulgarie, a permis de démanteler un réseau sophistiqué spécialisé dans le pillage de sites archéologiques et la vente illégale d’antiquités. Les investigations ont révélé que le groupe criminel finançait des fouilles illégales dans plusieurs pays, notamment en Bulgarie, en Grèce, dans d’autres nations des Balkans et en Italie.

L’affaire a pris de l’ampleur en 2020 avec la découverte, lors d’un raid en Bulgarie, d’environ 7 000 objets culturels d’une valeur inestimable. Ces découvertes étaient principalement composées d’antiquités gréco-romaines. Il s’agissait notamment de la collection de l’homme d’affaires Vasil Bozhkov, alors en exil à Dubaï.

La phase la plus récente de l’opération, le 19 novembre, a abouti à l’arrestation de 35 individus en Bulgarie. Les forces de l’ordre ont perquisitionné 131 propriétés – maisons, véhicules et coffres-forts – réparties dans plusieurs pays : Albanie (1), Bulgarie (120), France (3), Allemagne (3), Grèce (4). Outre les antiquités, les saisies comprennent des armes, des documents, du matériel électronique, plus de 50 000 euros en espèces et en or.

Les antiquités saisies couvrent une vaste période historique, certaines remontant à 2000 avant J.-C. Masques, équipements militaires, bijoux, vases et coupes datant des époques thrace et gréco-romaine figurent parmi les objets récupérés. La plupart de ces pièces n’étaient accompagnées d’aucun document de provenance ou possédaient des certificats d’authenticité douteux, émanant de maisons de ventes aux enchères situées en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

En Grèce, un homme de 60 ans a été arrêté mercredi matin dans le cadre de cette opération. Il était en possession d’objets anciens et d’icônes religieuses. Les perquisitions, menées dans plusieurs localités dont Athènes et Halkidiki, ont permis de saisir 474 objets anciens (époque hellénistique et mycénienne), 4 monnaies anciennes, une icône en bois de Saint Antoine, ainsi que du matériel informatique et des documents bancaires. Une imprimante 3D a également été découverte, suggérant une possible utilisation pour la contrefaçon d’antiquités.

L’enquête, coordonnée par les centres de Sofia et d’Eurojust, se poursuit afin de retracer l’ensemble du réseau et de déterminer l’étendue des ventes illégales, qui s’étendent à l’Europe et au-delà. Les autorités grecques ont souligné le rôle crucial joué par des intermédiaires locaux agissant pour le compte des dirigeants du groupe criminel.

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