L’or continue sur sa lancée, franchissant la barre psychologique des 3 800 $ et atteignant des sommets inédits. Porté par les achats des banques centrales, les incertitudes géopolitiques et une inflation persistante, le métal précieux semble défier les prévisions d’un ralentissement économique.
La semaine écoulée a été marquée par un rebond rapide après une brève correction en milieu de semaine. Malgré des indicateurs économiques américains plus robustes que prévu, l’or a clôturé la semaine à près de 3 760 $ avant de dépasser les 3 800 $ dès lundi matin. La question est désormais de savoir si cette dynamique haussière se maintiendra, ou si une prise de bénéfices interviendra avant la publication de nouvelles données économiques clés cette semaine.
L’atténuation des anticipations de baisses de taux d’intérêt de la part de la Réserve fédérale américaine (Fed) n’a pas freiné l’ascension de l’or. L’augmentation de la valeur de l’or précède généralement une politique monétaire plus souple, et les perspectives actuelles sont soutenues par des facteurs structurels plus profonds. Les données publiées la semaine dernière, conformes aux attentes, n’ont eu qu’un impact limité sur le marché.
Plusieurs éléments continuent de soutenir le cours de l’or. Les banques centrales, notamment, maintiennent une demande soutenue, tandis que les préoccupations liées à la dette américaine et à la persistance de l’inflation demeurent prégnantes. Ces facteurs, combinés à un intérêt spéculatif important, maintiennent le marché bien orienté. La semaine à venir sera cruciale pour confirmer cette tendance.
Les données économiques américaines à venir, notamment les chiffres de l’emploi, pourraient influencer la trajectoire de l’or. Si les données confirment un ralentissement du marché du travail, le dollar américain pourrait s’affaiblir, ce qui serait favorable à l’or. Inversement, des chiffres solides pourraient renforcer le dollar et freiner la progression du métal précieux.
L’augmentation spectaculaire du prix de l’or au cours des derniers mois – une hausse de 10 % rien qu’en septembre – s’explique en grande partie par la demande des banques centrales. Selon le World Gold Council, la majorité des banques centrales prévoient d’accroître leurs réserves cette année, sans aucune intention de vendre, malgré des niveaux record. Les tensions géopolitiques en Europe, au Moyen-Orient et dans les relations sino-américaines renforcent également l’attrait de l’or comme valeur refuge.
Près des trois quarts des banques centrales anticipent une diminution de la part du dollar américain dans leurs réserves, ce qui favorise naturellement l’investissement dans l’or. Un dollar américain plus faible et les anticipations de baisses de taux d’intérêt ont également contribué à rendre l’or plus attractif pour les investisseurs non américains. Enfin, les tensions politiques à Washington et les doutes sur l’indépendance de la Fed ont incité les investisseurs à se tourner vers l’or comme une assurance contre les risques potentiels.
L’attention se porte désormais sur les publications américaines concernant le marché du travail, notamment les offres d’emploi (mardi) et les chiffres de l’emploi non agricole (vendredi). Les récentes déclarations de Jerome Powell, président de la Fed, soulignant qu’il n’existe pas de « voie sans risque » en matière de taux d’intérêt, ont laissé les marchés dans l’incertitude quant à la prochaine décision de la banque centrale. Des données de l’emploi faibles pourraient renforcer le cas d’un assouplissement monétaire supplémentaire et stimuler une nouvelle hausse de l’or.
Sur le plan technique, le franchissement de la barre des 3 800 $ constitue un signal haussier important. La capacité de l’or à maintenir ce niveau sera déterminante pour savoir s’il peut progresser vers 3 900 $ ou même 4 000 $ dans les prochains jours et semaines. Les niveaux de support se situent désormais à 3 790 $, 3 783 $, 3 760 $ et enfin 3 700 $. L’élan actuel est fort, mais il est important de surveiller les signaux d’inversion potentiels.
