Home MondeL’UE “condamne fermement” les interdictions de visa américaines contre cinq Européens

L’UE “condamne fermement” les interdictions de visa américaines contre cinq Européens

by Clara Dubois

Washington a pris la décision controversée d’interdire l’entrée sur son territoire à cinq Européens, dont l’ancien commissaire européen Thierry Breton, en représailles à la réglementation numérique européenne. Cette mesure, qualifiée d’« intimidation » par plusieurs dirigeants européens, intervient dans un contexte de tensions croissantes concernant la régulation des plateformes de médias sociaux.

L’annonce, faite mardi par le Département d’État américain, vise des personnalités accusées de chercher à « contraindre » les entreprises américaines de médias sociaux à censurer des opinions divergentes. Outre Thierry Breton, figure emblématique de la loi sur les services numériques (DSA), les sanctions visent Imran Ahmed, du Center for Countering Digital Hate, ainsi qu’Anna-Lena von Hodenberg et Josephine Ballon de l’organisation allemande HateAid. Clare Melford, directrice du Global Disinformation Index (GDI) basé au Royaume-Uni, figure également sur la liste.

La Commission européenne a réagi fermement, demandant des éclaircissements aux autorités américaines et se disant prête à défendre son autonomie réglementaire. « Nous réagirons de manière rapide et décisive pour défendre notre autonomie réglementaire contre des mesures injustifiées », a déclaré un communiqué de la Commission, soulignant que les règles numériques européennes garantissent une concurrence « sûre, équitable et équitable » pour toutes les entreprises.

Plusieurs pays européens ont également exprimé leur désaccord. Le président français Emmanuel Macron a dénoncé sur X des mesures constituant de « l’intimidation et de la coercition visant à porter atteinte à la souveraineté numérique européenne », affirmant que l’Europe défendrait son « autonomie réglementaire ». L’Allemagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul, a jugé ces interdictions de visa « inacceptables », rappelant que le DSA a été adopté démocratiquement par l’UE pour l’UE et n’a pas de portée extraterritoriale. L’Espagne a également condamné les sanctions américaines, insistant sur l’importance d’un espace numérique sûr et exempt de désinformation.

Thierry Breton, qui a quitté son poste à la Commission en 2024, a été décrit par le Département d’État américain comme « l’architecte » de la DSA. Cette loi impose aux grandes plateformes de médias sociaux des obligations en matière de modération du contenu, de transparence et de recherche. Elle exige notamment que les plateformes expliquent leurs décisions de modération et garantissent l’accès aux chercheurs pour étudier l’impact des contenus, notamment sur les enfants.

La DSA est devenue un sujet de controverse aux États-Unis, certains conservateurs l’accusant d’être un outil de censure contre la pensée de droite. Ces accusations sont fermement rejetées par l’Union européenne. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que « l’administration Trump ne tolérera plus ces actes flagrants de censure extraterritoriale ». HateAid a qualifié la décision américaine d’« acte de répression », tandis que le GDI a dénoncé une « attaque autoritaire contre la liberté d’expression ».

Stéphane Séjourne, successeur de Thierry Breton à la Commission européenne, a affirmé sur X qu’« aucune sanction ne fera taire la souveraineté des peuples européens ».

You may also like

Leave a Comment