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L’UE discute d’une contre-attaque après la menace tarifaire de Trump

Publié le 18 janvier 2026 à 19h54. L'Union européenne se prépare à répondre à la menace de tarifs douaniers américains sur des produits européens, suite à la volonté affichée par Donald Trump d'acquérir le Groenland. L'UE envisage de…

L’UE discute d’une contre-attaque après la menace tarifaire de Trump

Publié le 18 janvier 2026 à 19h54. L’Union européenne se prépare à répondre à la menace de tarifs douaniers américains sur des produits européens, suite à la volonté affichée par Donald Trump d’acquérir le Groenland.

  • L’UE envisage de riposter avec des contre-mesures commerciales, notamment l’activation d’un instrument anti-coercition.
  • Les États-Unis ont annoncé des droits de douane supplémentaires sur l’Allemagne et sept autres pays européens de l’OTAN.
  • L’Italie s’est proposée de jouer un rôle de médiateur dans ce conflit transatlantique.

La tension monte entre les États-Unis et l’Union européenne après l’annonce par le président américain Donald Trump de l’imposition de tarifs douaniers punitifs à l’encontre de plusieurs pays européens. Cette décision intervient dans le contexte de la volonté de Trump d’acquérir le Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark.

Selon les annonces de la Maison Blanche, des droits de douane de 10 % seront appliqués aux marchandises envoyées aux États-Unis à partir du 1er février 2026, puis augmenteront à 25 % à partir du 1er juin 2026. L’Allemagne, ainsi que sept autres partenaires européens de l’OTAN, sont directement concernés par ces mesures.

Face à cette situation, les représentants des États membres de l’UE se sont réunis en urgence à Bruxelles pour discuter d’une réponse coordonnée. L’activation de l’instrument anti-coercition (IAC), surnommé le « bazooka commercial », est sur la table. Cet outil permet à l’UE d’imposer des droits de douane en représailles sur les importations de produits américains, d’exclure les entreprises américaines des marchés publics européens, ou encore de restreindre les importations et exportations de certains produits.

La France a notamment exprimé son souhait de voir cet instrument activé. Des sources proches du président Emmanuel Macron ont indiqué que Paris souhaite envoyer un signal fort à Washington.

Les chefs d’État et de gouvernement des huit pays concernés – l’Allemagne, le Danemark, la Finlande, la France, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni – ont déjà réagi en publiant une déclaration commune. Ils dénoncent les menaces tarifaires, qui nuisent aux relations transatlantiques et risquent d’entraîner une escalade. Ils affirment également leur détermination à protéger leur souveraineté.

Le chancelier Friedrich Merz a également pris position sur la plateforme X (anciennement Twitter), exprimant une réaction similaire. Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul n’a pas exclu la possibilité de contre-mesures, soulignant qu’une réponse européenne serait nécessaire si les États-Unis maintenaient leurs menaces. Il a qualifié ces tarifs douaniers de « poison pour les relations transatlantiques » dans une interview accordée à la chaîne ARD.

Le vice-chancelier Lars Klingbeil a également insisté sur la nécessité d’une réponse unie et claire de la part des Européens, affirmant qu’il ne fallait pas céder au chantage.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, s’est également exprimé, après avoir discuté de la situation au Groenland et dans l’Arctique avec le président Trump. Il a indiqué qu’il attendait avec impatience de le rencontrer lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, où Trump devrait participer mercredi prochain.

Trump justifie ses exigences par des préoccupations liées à la sécurité de la région et de la population américaine, invoquant une menace potentielle de la Chine et de la Russie. Il s’oppose également à la mission militaire d’enquête menée par les huit pays européens au Groenland, une mission destinée à préparer des exercices conjoints et à démontrer l’engagement de l’OTAN dans la région arctique. Les 15 soldats allemands impliqués dans cette mission sont retournés en Allemagne dimanche, après avoir accompli leur mission.

La déclaration conjointe des huit États européens souligne leur engagement à renforcer la sécurité dans l’Arctique, un intérêt transatlantique commun. Ils insistent sur le caractère non menaçant de l’exercice « Arctic Endurance », coordonné par le Danemark, et réaffirment leur solidarité avec le Royaume du Danemark et le peuple groenlandais.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a salué ce soutien, tout en affirmant que l’Europe ne pouvait pas être soumise au chantage.

L’Italie s’est proposée de jouer un rôle de médiateur dans ce conflit. Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a déclaré que l’Italie, grâce à sa position et à sa capacité à dialoguer avec toutes les parties, pouvait contribuer à trouver un accord. La Première ministre Giorgia Meloni entretient des relations jugées bonnes avec le président Trump et pourrait jouer un rôle clé dans les négociations.

Par ailleurs, un vote sur l’accord douanier négocié entre l’UE et les États-Unis est prévu cette semaine au Parlement européen. Cet accord, qui offrirait des conditions très favorables aux États-Unis, est désormais menacé par les tensions actuelles. Les principaux groupes politiques du Parlement européen ont déjà indiqué qu’ils ne pouvaient plus soutenir cet accord après les menaces de Trump, ce qui pourrait donner aux Européens un levier de négociation supplémentaire.

Les Verts européens, par la voix de leur dirigeante Katharina Dröge, ont appelé à une réponse ferme, menaçant de mesures antidouanières. La politicienne de gauche Lea Reisner a quant à elle estimé que le chancelier Merz devait reconnaître que les États-Unis n’étaient plus un allié fiable.

Du côté américain, les démocrates de l’opposition au Congrès se sont également élevés contre la menace tarifaire de Trump. Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a annoncé qu’il souhaitait bloquer ces tarifs par une législation, afin d’éviter des dommages supplémentaires à l’économie américaine et aux relations avec l’Europe.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.