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L’UE gèle 210 milliards d’euros d’actifs russes avant les pourparlers de paix cruciaux en Ukraine – The Irish Times

by Clara Dubois

Publié le 13 décembre 2025 10:41:00. L’Union européenne a gelé pour une durée indéterminée 210 milliards d’euros d’actifs russes, une mesure destinée à renforcer la position de Kiev dans les négociations de paix, tout en suscitant des tensions internes et une riposte de Moscou.

  • L’UE a gelé 210 milliards d’euros d’actifs souverains russes détenus sur son territoire.
  • Des désaccords persistent entre les États membres sur l’utilisation de ces actifs pour financer la défense de l’Ukraine.
  • La Russie a intenté une action en justice contre Euroclear, le dépositaire des actifs, et l’Ukraine a mené une nouvelle frappe de drone sur le territoire russe.

Bruxelles a pris cette décision dans un contexte de pourparlers de paix cruciaux, orchestrés par les États-Unis, et alors que l’Ukraine cherche à consolider sa position face à la Russie. Le gel de ces fonds ouvre la voie à un possible emprunt sur ces actifs pour soutenir l’effort de guerre ukrainien, mais cette perspective se heurte à des résistances au sein de l’UE.

La Belgique, où se trouve la majeure partie des actifs russes, et l’Italie, soutenues par la Bulgarie et Malte, expriment de fortes réserves. Dans un communiqué publié vendredi soir, ces pays ont plaidé pour l’exploration d’alternatives, telles qu’un mécanisme de prêt européen, qu’ils jugent moins risqué. Ils craignent notamment les conséquences juridiques et financières d’une confiscation directe des actifs.

Moscou a réagi en lançant une action en justice contre Euroclear, le dépositaire basé à Bruxelles qui détient la plus grande partie des fonds russes. Cette démarche pourrait permettre à la Russie de saisir des actifs d’Euroclear situés sur son territoire, en représailles à la décision européenne.

Parallèlement, l’envoyé américain Steve Witkoff doit rencontrer ce week-end à Berlin le président ukrainien Volodymyr Zelensky et d’autres dirigeants européens pour discuter des garanties de sécurité que les capitales européennes pourraient offrir à l’Ukraine dans le cadre d’un éventuel accord de paix. La Maison Blanche confirme l’importance de ces discussions.

Selon des sources, l’administration Trump exercerait une pression croissante sur Kiev pour qu’elle signe un accord de paix avec la Russie d’ici Noël, à des conditions jugées défavorables par de nombreux Ukrainiens et Européens. Les dirigeants européens se sont cependant alignés sur l’Ukraine, qui refuse d’être contrainte à une capitulation.

Les négociateurs ukrainiens, avec le soutien des Européens, tentent d’améliorer les termes de la proposition de paix négociée par les États-Unis. Une nouvelle proposition, élaborée par des responsables ukrainiens et européens et transmise à Washington cette semaine, envisage notamment l’adhésion de l’Ukraine à l’UE dès 2027, un calendrier ambitieux qui remettrait en question les procédures habituelles du bloc.

Un responsable français a souligné la nécessité de trouver un « terrain d’entente » entre les positions ukrainienne, européenne et américaine afin de parvenir à une nouvelle version de l’accord qui pourrait être présentée à la Russie. Cependant, Youri Ouchakov, conseiller en politique étrangère du président Vladimir Poutine, a exprimé son scepticisme :

« Quand nous le verrons, je sens que nous n’allons pas beaucoup l’aimer. »

Youri Ouchakov, conseiller en politique étrangère du président Vladimir Poutine

Dans ce contexte tendu, Volodymyr Zelensky a effectué une visite surprise vendredi dans la ville frontalière de Koupiansk, dans l’est de l’Ukraine, que Moscou affirme avoir capturée il y a plusieurs semaines. Il a affirmé que les forces ukrainiennes repoussaient les attaques russes et que cette résistance renforcerait la position de l’Ukraine dans les négociations.

« C’est exactement ainsi que cela fonctionne : toutes nos positions fortes à l’intérieur du pays deviennent des positions fortes dans les discussions sur la fin de la guerre. »

Volodymyr Zelensky, président ukrainien

Malgré cette résistance, les forces russes continuent de progresser le long de la ligne de front de 1 200 km, exerçant une pression constante sur l’armée ukrainienne. Les responsables européens restent pessimistes quant à la possibilité que la Russie accepte un accord qui ne corresponde pas à ses objectifs maximalistes, notamment la soumission de l’Ukraine.

Zelensky a indiqué que l’Ukraine discutait avec les responsables américains des détails d’une éventuelle zone « économique libre » ou « démilitarisée » dans la province de Donetsk, que Moscou exige que l’Ukraine cède. Il a exclu toute cession de territoire, mais a suggéré que les forces ukrainiennes pourraient se retirer de la ligne de contact dans cette zone si les forces russes faisaient de même et que l’Ukraine recevait de solides garanties de sécurité.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que Zelensky

« a montré depuis neuf mois sa volonté de créer les conditions d’un accord de paix à la fois juste et durable, qui n’est pas une capitulation. Il appartient désormais à Vladimir Poutine de faire le dernier pas et de mettre fin à cette guerre impérialiste et coloniale. »

Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères

Par ailleurs, deux personnes ont été tuées dans la nuit lors d’une frappe de drone ukrainienne sur la ville russe de Saratov, a annoncé samedi le gouverneur régional Roman Busargin. Selon ses déclarations sur Telegram, l’attaque a également fait un nombre indéterminé de blessés et a visé un immeuble résidentiel. Saratov, située sur la Volga à environ 625 km de la frontière ukrainienne, a été la cible répétée d’attaques de drones visant sa raffinerie de pétrole locale et une importante base aérienne à proximité.

Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir abattu 41 drones dans la nuit, dont 28 au-dessus de la région de Saratov.

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