Home NouvellesL’UE pense qu’il est en sécurité grâce à l’accord avec Trump

L’UE pense qu’il est en sécurité grâce à l’accord avec Trump

by Julien Moreau

Bruxelles se montre confiante : les médicaments fabriqués en Europe devraient être épargnés par les nouvelles taxes douanières de 100 % annoncées par l’administration américaine. Un accord commercial conclu en juillet dernier avec Washington prévoit un plafond de 15 % sur les importations européennes, offrant une protection à ce secteur stratégique.

La Commission européenne estime que les États-Unis respecteront cet accord, malgré l’annonce sur les réseaux sociaux de Donald Trump concernant l’imposition de droits de douane beaucoup plus élevés à partir du 1er octobre. « Ce tarif clair de 15 % pour toutes les exportations de l’UE constitue une garantie que les entreprises européennes ne seront pas confrontées à des charges plus importantes », a déclaré Olof Gill, porte-parole adjoint de la Commission.

« L’UE est le seul partenaire commercial à avoir obtenu ce résultat avec les États-Unis », a-t-il ajouté. À ce stade, les responsables européens insistent sur le respect par les États-Unis de l’accord estival, ce qui nourrit un optimisme prudent quant à l’exclusion des produits pharmaceutiques européens des nouvelles mesures. Il s’agirait d’une victoire, même partielle, car les médicaments européens ne sont actuellement pas soumis à des droits de douane aux États-Unis.

L’Irlande, principal centre de production pharmaceutique pour le marché américain, est particulièrement concernée. Le vice-Premier ministre irlandais, Simon Harris, a déclaré que son pays « examinera l’impact de cette annonce », tout en rappelant que la déclaration conjointe UE-États-Unis du 21 août « a absolument précisé » que tous les nouveaux tarifs resteraient inférieurs à 15 %.

Par ailleurs, après plusieurs reports, les États-Unis ont réduit les droits de douane sur les voitures européennes, les abaissant de 27,5 % à 15 %, conformément à l’accord conclu en été. Des négociations commerciales sont toutefois toujours en cours, et des obstacles importants subsistent : Washington maintient des taux de 50 % sur l’acier et l’aluminium européens.

La déclaration conjointe de fin août a révélé l’intention des deux parties de parvenir à un accord sur des quotas tarifaires pour l’acier, c’est-à-dire des quotas d’exportation soumis à des droits de douane minimes. D’autres exemptions sectorielles sont également à l’étude. La Maison Blanche a déjà accordé des dérogations pour les avions, certains produits chimiques et des ressources naturelles spécifiques, mais les discussions se poursuivent.

En parallèle de la question pharmaceutique, l’UE fait pression pour la protection des vins et spiritueux, la France, l’Italie et l’Espagne étant en première ligne pour obtenir des éclaircissements sur les taux applicables. La Commission considère ces secteurs comme prioritaires, car ils représentent une part importante des exportations européennes et sont particulièrement vulnérables suite aux nouvelles taxes américaines.

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