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L’urine de vache peut éradiquer le paludisme en Éthiopie

by Sophie Martin

Publié le 13 décembre 2025 14:47:00. Une odeur insoupçonnée, celle de l’urine de vache, pourrait bien être l’arme secrète dans la lutte contre le paludisme. Des chercheurs suédois ont mis au point un leurre synthétique qui attire les moustiques porteurs du parasite, réduisant significativement le nombre de cas dans un village éthiopien.

  • Un parfum artificiel imitant l’odeur de l’urine de vache attire efficacement les moustiques du paludisme.
  • Des essais sur le terrain en Éthiopie ont montré une diminution de près de 80 % des infections palustres grâce à l’utilisation de pièges à moustiques imprégnés de ce leurre.
  • Cette méthode, combinée aux approches existantes, pourrait ouvrir la voie à l’éradication du paludisme.

C’est en observant le comportement des moustiques Anopheles, vecteurs du paludisme, que des chercheurs de l’Université des sciences agricoles de Suède (SLU), près de Lund, ont fait cette découverte surprenante. Ils ont constaté que ces insectes étaient particulièrement attirés par les murs de bâtiments enduits de bouse de vache. L’explication ? L’urine de vache contient de l’urée, une substance que les moustiques semblent considérer comme une véritable “boisson énergisante”, selon Rickard Ignell, professeur d’écologie chimique à SLU.

L’idée de reproduire cette attraction s’est rapidement imposée, mais l’utilisation directe d’urine de vache présentait des contraintes pratiques et d’hygiène. De plus, l’odeur se dégrade rapidement. Les chercheurs ont donc développé une formule artificielle, un mélange de six parfums synthétiques reproduisant fidèlement l’attrait de l’urée. Ce mélange, plus stable et durable, conserve son efficacité pendant au moins un mois.

Pour valider leur approche, les chercheurs ont mis en place un système expérimental en laboratoire, constitué de tunnels transparents. Les moustiques étaient alors confrontés à un choix : emprunter un tunnel contenant le mélange parfumé artificiel ou un tunnel neutre. Les résultats ont été sans appel : presque tous les moustiques ont opté pour le tunnel parfumé.

« Nous avons pu constater que nous avons réduit le nombre de personnes infectées par le paludisme d’environ 250 personnes à 60 personnes »

Rickard Ignell, professeur d’écologie chimique à SLU

Des essais sur le terrain ont ensuite été menés dans deux villages d’Éthiopie. Dans l’un des villages, des pièges à moustiques imprégnés d’insecticide et parfumés avec le leurre artificiel ont été déployés. L’autre village a servi de groupe témoin, sans pièges. L’impact a été significatif : le nombre de cas de paludisme a chuté de manière spectaculaire dans le village équipé des pièges.

Les chercheurs envisagent désormais de rendre cette solution plus accessible en réduisant le coût de production du mélange parfumé. L’objectif est de permettre aux populations locales d’utiliser ces pièges à grande échelle. Combinée aux méthodes de prévention déjà existantes, telles que les moustiquaires imprégnées d’insecticide et la pulvérisation d’insecticides à l’intérieur des habitations, cette nouvelle approche pourrait bien constituer un pas décisif vers l’éradication du paludisme.

« La méthode, combinée à des méthodes déjà disponibles telles que les moustiquaires et la possibilité de pulvériser des insecticides à l’intérieur des locaux, pourrait nous permettre de réduire la population de moustiques et ainsi d’éradiquer complètement le paludisme »

Rickard Ignell, professeur d’écologie chimique à SLU

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