La fin du mois d’octobre a été marquée par un revirement inattendu sur les marchés des changes, avec un dollar américain renforcé par une attitude plus ferme de la Réserve fédérale américaine (Fed) et un yen japonais en chute libre. Cette dynamique a mis le Japon sur le qui-vive, tandis que les marchés mondiaux observent une trêve commerciale fragile entre les États-Unis et la Chine.
La Fed n’a pas modifié ses taux d’intérêt, mais a adopté un ton plus agressif, laissant entendre que des hausses de taux pourraient intervenir en 2025. Cette communication, bien que subtile, a suffi à propulser l’indice dollar de près de 2 % en octobre, les investisseurs réévaluant les perspectives économiques.
Le yen japonais a été la devise la plus touchée, perdant près de 4 % de sa valeur face au dollar – sa plus forte baisse depuis le début de l’année au sein du G10. Les opérateurs financiers ont baptisé cette situation le « commerce Takaichi », en référence à la Première ministre japonaise et à sa volonté de relancer une politique économique axée sur la croissance, rappelant les mesures de l’Abenomics.
Face à cette dépréciation, le gouvernement japonais a exprimé sa préoccupation. La ministre des Finances, Satsuki Katayama, a averti que les mouvements de change étaient devenus « unilatéraux et rapides », laissant entendre une possible intervention sur le marché, comme en juillet 2024, lorsque plus de 5 500 milliards de yens (environ 33 milliards d’euros) avaient été mobilisés pour soutenir la monnaie.
Cependant, pour l’instant, Tokyo se contente d’adresser des avertissements. Parallèlement, l’inflation intérieure japonaise, qui a atteint 2,8 % en octobre (contre 2,5 % le mois précédent), pourrait donner à la Banque du Japon (BoJ) une justification pour envisager une hausse des taux d’intérêt en décembre, ce qui soutiendrait le yen.
Au-delà du Japon, la trêve commerciale conclue entre les États-Unis et la Chine, pour une durée d’un an, a apporté un certain apaisement aux marchés. Des droits de douane ont été réduits, les restrictions sur les terres rares suspendues et des accords commerciaux ont été conclus. Cette pause a permis de maintenir le « carry trade » – une stratégie d’investissement consistant à emprunter dans une devise à faible taux d’intérêt pour investir dans une devise à taux plus élevé – et a favorisé la performance des monnaies asiatiques.
Malgré la pause de la Banque centrale européenne (BCE), qui n’a pas évoqué de baisse des taux en décembre, la force du dollar est principalement due à la politique monétaire américaine. Les marchés restent volatils et les traders se préparent à d’éventuelles fluctuations à l’approche du week-end.
En résumé, la situation actuelle est caractérisée par une Fed déterminée, une BoJ prudente et une BCE qui maintient le cap. Le dollar domine pour l’instant, tandis que le yen reste vulnérable aux tensions géopolitiques et aux incertitudes économiques.