Le dollar américain a connu une semaine de fluctuations, porté à la fois par des inquiétudes concernant l’indépendance de la Réserve fédérale et par des spéculations sur une possible intervention du gouvernement japonais pour soutenir son yen. Ces mouvements de marché interviennent dans un contexte de tensions commerciales persistantes et d’une méfiance croissante envers les monnaies traditionnelles.
La semaine a été marquée par un procès intenté contre Jerome Powell, le président de la Fed, qui a été perçu par les marchés comme une tentative de pression politique sur la banque centrale. Cette situation a alimenté les craintes d’une perte d’indépendance de la Fed, un scénario qui rappelle des crises survenues dans plusieurs pays émergents. Donald Trump a exprimé son inquiétude quant à une éventuelle décision défavorable de la Cour suprême concernant ses droits de douane, allant jusqu’à déclarer : « Nous sommes foutus ! » Il craint que les États-Unis ne soient contraints de rembourser des centaines de milliards de dollars et que des investissements étrangers soient annulés.
Parallèlement, le yen japonais a atteint son plus haut niveau depuis juillet 2024, sous l’impulsion de deux facteurs principaux. Tout d’abord, la force du dollar a exercé une pression sur la devise japonaise. Ensuite, des rumeurs concernant des élections anticipées au Japon ont stimulé le marché. La nouvelle Première ministre, bénéficiant d’une popularité croissante, ambitionne de renforcer la position du Parti libéral-démocrate au Parlement, ce qui a conduit les investisseurs à se tourner vers ce que certains appellent le « commerce Takaichi », favorisant les actions au détriment du yen.
Face à cette dépréciation du yen, le gouvernement japonais a réagi en recourant à des interventions verbales. Satsuki Katayama, la ministre des Finances, a exprimé son inquiétude quant au caractère spéculatif de l’affaiblissement de la devise lors d’une réunion avec son homologue américain. Elle a également indiqué que Scott Bessent, un autre responsable américain, partageait ses préoccupations. Tokyo étudie désormais les niveaux auxquels une intervention directe sur le marché des changes pourrait être envisagée. En 2024, le Japon avait déjà procédé à quatre interventions de change lorsque le taux de change s’est approché de 160 yens pour un dollar (actuellement à 159).
Enfin, le bitcoin a profité de ce contexte d’incertitude et de méfiance envers les monnaies traditionnelles, atteignant un nouveau record. Cette hausse a incité la bourse CME à modifier sa méthodologie de calcul de marge afin de réduire la volatilité. La progression du bitcoin à la fin de 2025 a, par ailleurs, entraîné un recul des cours des métaux précieux.
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