Home SantéL’utilisation d’antibiotiques dans les 24 heures suivant la naissance réduit la gravité des plaies lors de l’accouchement

L’utilisation d’antibiotiques dans les 24 heures suivant la naissance réduit la gravité des plaies lors de l’accouchement

by Sophie Martin

Publié le 30 octobre 2025 04:32:00. Une administration d’antibiotiques dans les 24 heures suivant une déchirure obstétricale ou une épisiotomie pourrait réduire significativement le risque de complications infectieuses nécessitant des soins supplémentaires, selon une étude danoise récente.

  • La prescription d’antibiotiques prophylactiques après une déchirure du périnée de second degré ou une épisiotomie diminue le risque de complications infectieuses cliniquement pertinentes.
  • L’étude a révélé une réduction significative des complications nécessitant une prise en charge médicale additionnelle, même chez les patientes présentant un faible risque initial.
  • Aucun effet secondaire grave n’a été observé chez les participantes à l’étude.

Les antibiotiques prophylactiques sont déjà recommandés après un accouchement instrumenté (utilisation de ventouses ou de forceps) en raison de leur efficacité à réduire le risque d’infection. Cependant, les effets de ces antibiotiques sur les femmes présentant des déchirures obstétricales après un accouchement vaginal naturel étaient jusqu’à présent moins bien connus.

Pour combler cette lacune, des chercheurs danois ont mené une étude rigoureuse impliquant 442 femmes âgées de 18 ans et plus, ayant subi une épisiotomie ou une déchirure du périnée de second degré après un accouchement vaginal à l’hôpital de Copenhague entre mars et décembre 2023. Les participantes ont été réparties aléatoirement en deux groupes : un groupe recevant trois doses d’antibiotiques par voie orale et un groupe témoin recevant un placebo. L’administration a débuté dans les six heures suivant l’accouchement et a été répétée à intervalles de huit heures. Les femmes ont ensuite été suivies pendant une période de quatre à 14 jours.

L’étude a évalué la survenue de complications de la plaie, notamment la déhiscence (séparation des bords de la plaie) et l’infection. L’objectif principal était de déterminer si les antibiotiques pouvaient réduire les complications cliniquement pertinentes, c’est-à-dire celles nécessitant une intervention médicale supplémentaire.

Les résultats ont montré qu’il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes en termes de complications globales de la plaie (22 % dans le groupe antibiotique contre 29 % dans le groupe placebo). Cependant, une réduction significative a été observée concernant les complications cliniquement pertinentes (9 % dans le groupe antibiotique contre 17 % dans le groupe placebo). Cet effet protecteur était également notable chez les patientes considérées comme présentant un faible risque de complications.

Selon les chercheurs, l’administration d’antibiotiques permettrait d’éviter une complication cliniquement pertinente pour 12 femmes traitées. De plus, le groupe ayant reçu des antibiotiques a eu moins besoin d’antibiotiques supplémentaires et a rapporté une meilleure sensation de bien-être.

Les auteurs de l’étude reconnaissent certaines limites, notamment la possibilité que les résultats ne soient pas généralisables à d’autres contextes ou populations. Ils soulignent toutefois les points forts de l’étude, tels qu’un faible taux d’abandon et une courte durée de suivi, ce qui réduit le risque de biais liés à l’évolution des pratiques cliniques.

Ils concluent : « Bien qu’aucun effet significatif n’ait été observé sur les complications globales de la plaie, les antibiotiques prophylactiques ont réduit de manière significative le risque de complications cliniquement pertinentes chez les femmes souffrant d’épisiotomies et de déchirures du deuxième degré. »

« Cette découverte soutient l’utilisation d’antibiotiques prophylactiques dans la pratique clinique de routine après une déchirure ou une épisiotomie au deuxième degré. »

Source :

Référence du journal :

Perslev, K., et al. (2025). Risk of wound infection and dehiscence after prophylactic antibiotics for episiotomy or second-degree tear (REPAIR study): a single-centre, double-blind, placebo-controlled, randomised trial. BMJ. doi.org/10.1136/bmj-2025-084312.

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