Publié le 10 janvier 2024 06:00:00. Des chercheurs ont identifié un rôle clé des macrophages présents dans les cavités corporelles dans la progression du cancer du poumon, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant ces cellules pour freiner la croissance tumorale.
- Des macrophages spécifiques, localisés dans les cavités pleurales et péritonéales, favorisent la progression des cancers en créant un environnement immunosuppresseur.
- Une nouvelle technique de traçage a confirmé l’infiltration de ces macrophages dans les métastases pulmonaires.
- L’élimination ou la neutralisation de ces cellules a démontré une réduction significative de la croissance tumorale chez la souris.
Les macrophages, des cellules immunitaires présentes dans les cavités pleurales et péritonéales, sont depuis longtemps suspectés de jouer un rôle ambivalent dans le développement du cancer. Une étude récente a permis de confirmer leur implication active dans la progression tumorale, notamment au niveau du cancer du poumon. Ces cellules, en modulant la réponse immunitaire, créent un environnement propice à la croissance des tumeurs.
Grâce à un système de traçage génétique sophistiqué basé sur une double recombinase, les chercheurs ont pu suivre précisément le parcours de ces macrophages et ont constaté qu’ils infiltrent activement les métastases pulmonaires. L’ablation génétique ou la séquestration de ces cellules a entraîné une réduction notable de la croissance tumorale, confirmant ainsi leur rôle pro-tumoral. Ces résultats suggèrent que cibler ces macrophages pourrait constituer une approche thérapeutique prometteuse pour ralentir la progression du cancer du poumon.
Pour affiner leur compréhension du recrutement de ces cellules, les scientifiques ont utilisé des souris génétiquement modifiées, croisant des lignées Gata6-iCreER avec Cd45-Dre et R26-tdT. Cette combinaison a permis de retracer spécifiquement l’origine des macrophages présents dans les cavités corporelles. L’analyse par cytométrie en flux et immunofluorescence a révélé que ces macrophages représentent environ 50 % des macrophages associés aux tumeurs pulmonaires. Des observations similaires ont été faites dans des modèles de métastases hépatiques (Hepa1-6) et pulmonaires (LLC), soulignant l’étendue de leur implication.

Afin d’évaluer l’importance fonctionnelle de ces macrophages, les chercheurs ont développé un modèle murin Gata6-RSR-tdT-DTR permettant de les éliminer grâce à la toxine diphtérique (DT). Le traitement a entraîné une diminution significative de la charge tumorale et une prolongation de la survie des animaux, confirmant ainsi l’effet pro-tumoral de ces cellules. L’élimination du gène Gata6 dans ces macrophages a également supprimé les métastases, bien que l’élimination une fois la tumeur établie ait montré une efficacité plus limitée, suggérant que leur rôle est particulièrement crucial dans les premières phases de la croissance tumorale.
D’un point de vue mécanistique, l’absence de ces macrophages a entraîné une augmentation de la présence de lymphocytes T CD8+ cytotoxiques dans les tumeurs et les cavités pleurales. Cela indique que ces macrophages exercent une action immunosuppressive qui freine la réponse antitumorale. Ensemble, ces résultats identifient les macrophages de cavité comme des acteurs clés de la progression tumorale et suggèrent que leur ciblage thérapeutique représente une voie prometteuse. Les prochaines étapes de la recherche consisteront à élucider les mécanismes moléculaires qui régulent leur migration et leurs fonctions immunosuppressives.
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