Publié le 27 octobre 2025 17h50. Nicolás Maduro, le président vénézuélien, a annulé à la dernière minute une interview programmée avec l’émission 60 Minutes de la chaîne américaine CBS, une volte-face justifiée par des préoccupations sécuritaires au sein de son entourage.
L’annulation de cet entretien, qui avait suscité une certaine surprise après des mois de négociations, intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le Venezuela et les États-Unis. Selon CBS News, l’équipe de Maduro avait elle-même choisi le lieu et l’heure de l’interview : une salle de bal d’un hôtel fréquenté de Caracas.
« L’équipe de Maduro a choisi l’heure et le lieu, la salle de bal d’un hôtel très fréquenté de Caracas, mais quelques minutes avant le début, elle a été annulée »
Voix off de la vidéo diffusée par CBS News
Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino López, aurait finalement estimé que les conditions de sécurité n’étaient plus réunies pour tenir la réunion, selon CBS News.
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions à la liberté de la presse au Venezuela. Le gouvernement chaviste est régulièrement accusé de persécuter les journalistes et de censurer les médias critiques. Des organisations internationales telles que Reporters sans frontières pointent du doigt le Venezuela comme l’un des pays d’Amérique latine où la liberté de la presse est la plus menacée. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a également documenté des arrestations arbitraires, des confiscations de matériel et des expulsions de correspondants étrangers. La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) dénonce quant à elle un « environnement hostile à l’exercice du journalisme et à la liberté d’expression ».
L’annulation de l’interview coïncide également avec une escalade des tensions entre le Venezuela et les États-Unis, notamment en raison des opérations militaires américaines dans les Caraïbes et le Pacifique. Le président américain Donald Trump a ordonné des frappes contre des navires soupçonnés d’être liés à des organisations criminelles latino-américaines, sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue. L’armée américaine affirme avoir détruit neuf bateaux et causé la mort de 37 personnes depuis début septembre. L’administration Trump qualifie ces actions de « conflit armé direct » contre des cartels considérés comme terroristes, une politique contestée par Caracas et Bogotá, ainsi que par des organisations de défense des droits de l’homme comme Amnistie internationale, qui dénonce une violation du droit international.
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