Publié le 15 mars 2024. Des études récentes mettent en lumière une association croissante entre autisme et démence, soulignant la nécessité d’une meilleure compréhension et d’un diagnostic plus précoce chez les adultes autistes.
Les personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA) semblent présenter un risque accru de développer une démence sénile par rapport à la population générale, selon des recherches récentes basées sur l’analyse de vastes bases de données médicales. Paradoxalement, elles reçoivent moins fréquemment un diagnostic de maladie d’Alzheimer, ce qui suggère des mécanismes différents à l’œuvre.
Une étude approfondie des dossiers Medicare et Medicaid a révélé que le nombre d’adultes autistes diagnostiqués avec une démence est en augmentation. Parallèlement, une autre étude, portant sur des dossiers de santé électroniques, a montré que les adultes autistes considérés comme “hautement fonctionnels” sont plus susceptibles de développer une démence que leurs pairs non autistes. Ces résultats soulignent l’importance de surveiller de près la santé cognitive des personnes autistes tout au long de leur vie.
Les chercheurs explorent plusieurs facteurs qui pourraient expliquer ce lien. Des prédispositions génétiques semblent jouer un rôle, les personnes autistes présentant des scores de risque polygénique plus élevés pour la maladie d’Alzheimer. De plus, la polypharmacie, c’est-à-dire la prise de plusieurs médicaments simultanément, pourrait également contribuer au déclin cognitif, notamment en raison de l’utilisation de médicaments anticholinergiques. Étude sur les médicaments anticholinergiques.
Outre ces recherches sur la démence et l’autisme, plusieurs autres études récentes ont apporté de nouvelles informations sur les mécanismes biologiques et les facteurs environnementaux impliqués dans les TSA. Parmi celles-ci :
- Une étude menée sur des souris a montré que la perturbation du cycle veille-sommeil par une faible luminosité nocturne exacerbe l’activité cérébrale anormale chez les souris dépourvues du gène CNTNAP2, un gène associé à l’autisme. Autisme moléculaire.
- Des recherches sur des primates non humains ont révélé que l’activation immunitaire maternelle pendant la grossesse peut entraîner une dérégulation de l’expression des gènes dans l’amygdale, une région du cerveau impliquée dans le traitement des émotions, chez les descendants. Psychiatrie Moléculaire.
- Une analyse critique des biais raciaux potentiels dans l’évaluation du module 3 du protocole d’observation du diagnostic de l’autisme (ADOS) a été réalisée. Recherche sur l’autisme.
- Des études sur des modèles animaux ont montré que la perte du gène MECP2 dans les interneurones à parvalbumine entraîne un déficit inhibiteur dans l’amygdale et affecte sa connectivité fonctionnelle. Autisme moléculaire.
- Enfin, des recherches préliminaires (publiées sur bioRxiv) suggèrent un remodelage durable des astrocytes, des cellules du cerveau, dans un modèle murin du syndrome de Dravet, une forme d’épilepsie souvent associée à l’autisme. bioRxiv.
Ces différentes études, bien que menées sur des modèles animaux ou portant sur des aspects spécifiques des TSA, contribuent à une meilleure compréhension des mécanismes complexes impliqués dans le développement et l’évolution de ces troubles, et pourraient ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de prévention et de traitement.
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