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MAN: 18 900 emplois industriels perdus en 3 ans de réformes de Tinubu

L'Association des fabricants du Nigeria (MAN) a révélé que les réformes macroéconomiques des trois dernières années ont entraîné la perte de plus de 18 900 emplois industriels. Malgré la nécessité de ces mesures pour la croissance à long…

Le coût humain et opérationnel des réformes structurelles

L’Association des fabricants du Nigeria (MAN) a révélé que les réformes macroéconomiques des trois dernières années ont entraîné la perte de plus de 18 900 emplois industriels. Malgré la nécessité de ces mesures pour la croissance à long terme, la baisse de l’utilisation des capacités de production à 57,7 % souligne la pression extrême subie par le secteur.

Le coût humain et opérationnel des réformes structurelles

La transition économique sous l’administration de Bola Tinubu est décrite comme une période de transformation profonde, mais marquée par des sacrifices industriels majeurs. Selon les données de l’Association des fabricants du Nigeria (MAN), le secteur manufacturier tente de s’adapter à un environnement où les coûts de production ne cessent de grimper.

Cette pression se traduit par une érosion directe de l’emploi et de la productivité. L’utilisation des capacités de production, qui s’établissait à 61,3 % au cours du premier semestre 2025, a chuté pour atteindre 57,7 % durant la seconde moitié de la même année.

« Les efforts de l’administration pour corriger les distorsions structurelles sont louables. Cependant, les fabricants ont été confrontés à des défis importants alors qu’ils s’adaptent aux ajustements apportés par ces politiques. »

Le déclin ne se limite pas à la capacité technique des usines. Le secteur subit une hémorragie sociale.

« La charge opérationnelle croissante a également contribué à des pertes d’emplois importantes dans l’ensemble du secteur, avec plus de 18 900 emplois affectés au cours de la période sous revue. »

L’explosion des coûts de l’énergie et de la logistique

Le choc le plus brutal pour les industriels provient de la modification radicale des structures de subventions. La suppression de la subvention au carburant en mai 2023 a agi comme un catalyseur de l’inflation des coûts opérationnels, provoquant une hausse des dépenses de logistique et de distribution de plus de 300 % en l’espace de quelques semaines seulement.

À ce coût du transport s’ajoute l’instabilité et la cherté de l’énergie électrique. Les entreprises ont dû faire face à une augmentation massive des tarifs pour les consommateurs du Groupe A, passant d’environ N68 par kilowattheure à une fourchette située entre N209 et N225.

Pour pallier les carences du réseau, les fabricants se sont tournés vers des sources alternatives, comme le diesel et le gaz. Ce basculement a eu un impact financier colossal :

  • Dépenses énergétiques en 2023 : N781,68 milliards
  • Dépenses énergétiques projetées pour 2025 : N1,34 billion
  • Hausse du [coût de l’électricité pour les consommateurs du Groupe A](https://punchng.com/industries-can-rebound-with-naira-for-crude-tax-reforms-man/) : un facteur de déstabilisation majeur

Dépréciation du naira et crise des matières premières importées

La libéralisation du marché des changes, bien qu’orientée vers une plus grande transparence, a plongé les industriels dans une incertitude monétaire constante. La chute rapide de la monnaie nationale a rendu l’importation de composants essentiels extrêmement onéreuse.

Dépréciation du naira et crise des matières premières importées
cluster (priority): The Nation Newspaper

Les chiffres illustrent l’ampleur de la dévaluation. Selon le rapport intitulé « Manufacturer Assess Impact of Recent Economic Reforms on Industrial Performance », le taux de change est passé d’environ N463 pour un dollar en juin 2023 à environ N1 535 en décembre 2024.

« Cette situation a vu le taux de change passer d’environ 463 N de la monnaie locale au dollar en juin 2023 à environ 1 535 N vers décembre 2024, faisant grimper le coût des matières premières importées de 3,04 billions de N en 2023 à 6,64 billions de N en 2024, soit une augmentation d’environ 118 pour cent. »

Les leviers pour un rebond industriel

Malgré ce tableau sombre, des lueurs d’espoir émergent via de nouvelles mesures de soutien. La MAN estime que la transition de la stabilisation macroéconomique vers une véritable reprise industrielle est possible si l’exécution des politiques devient plus coordonnée.

Les leviers pour un rebond industriel
cluster (priority): Punch Newspapers

Plusieurs initiatives sont présentées comme des moteurs de redressement potentiels :

  • L’initiative Naira-for-Crude, qui a déjà commencé à réduire la pression sur les devises dans les chaînes de valeur de la pétrochimie et du plastique.
  • La Loi de réforme fiscale de 2025, prévoyant des exonérations de retenue à la source et des incitations pour la recherche et le développement.
  • La politique industrielle du Nigeria et le cadre « Nigeria First », visant à renforcer le contenu local.
  • Les mesures fiscales de taux zéro de TVA sur les matières premières pharmaceutiques.

Le défi reste cependant la mise en œuvre. Pour que ces réformes ne restent pas de simples intentions sur papier, les industriels réclament un accès prévisible aux devises, des financements concessionnels et une stabilité accrue de l’approvisionnement électrique. La résilience à long terme du pays dépendra de sa capacité à transformer ces réformes structurelles en un environnement propice à la production locale et à la création d’emplois.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.