Home DivertissementManger des ramen et se vanter de pho, ram, phe… « Tsk tsk » Une fausse vie pire que celle de Kapoor ?[세상만車]

Manger des ramen et se vanter de pho, ram, phe… « Tsk tsk » Une fausse vie pire que celle de Kapoor ?[세상만車]

by Antoine Girard

Publié le 4 janvier 2026. Un phénomène sur les réseaux sociaux, le « cosplay de la pauvreté », où des internautes mettent en scène une vie de luxe tout en se plaignant de difficultés financières, suscite la controverse et interroge sur les motivations derrière ces mises en scène.

  • Une tendance virale consiste à afficher des symboles de richesse (voitures de luxe, produits de marque) tout en exprimant des difficultés financières.
  • Le chanteur Kim Dong-wan a critiqué cette pratique, la jugeant insensible et irrespectueuse envers ceux qui vivent réellement dans la pauvreté.
  • Des analyses psychologiques explorent les raisons de ce comportement, allant de la recherche de reconnaissance sociale à des mécanismes de compensation.

Récemment, une nouvelle forme de mise en scène a émergé sur les réseaux sociaux : le « cosplay de la pauvreté ». Cette tendance consiste à exhiber des signes extérieurs de richesse – une Porsche, une clé de Ferrari posée à côté d’un repas frugal composé de nouilles instantanées et de *gimbap* (rouleaux de riz coréens) – tout en exprimant des plaintes concernant des difficultés financières. Une publication typique affiche un volant orné du logo Porsche accompagnée de la légende : « J’en ai tellement marre de l’extrême pauvreté, je n’ai pas d’argent pour me mettre de l’essence dans la bouche, alors je retourne travailler aujourd’hui. »

Ce phénomène rappelle des contenus populaires sur YouTube il y a quelques années, mettant en scène des voitures de luxe et des situations financières contrastées. L’histoire de Kapoor, un homme qui consacre la majeure partie de son salaire mensuel (2,38 millions de wons, soit environ 1 700 euros) au remboursement d’une Porsche 911 Cabriolet tout en se contentant de ramen pour économiser, et qui cumule un emploi à temps partiel de livreur, a particulièrement attiré l’attention.

Le chanteur Kim Dong-wan, membre du groupe Shinhwa, a publiquement critiqué cette tendance sur les réseaux sociaux :

« La pauvreté est un sentiment difficile à décrire comme une blague. Il y a des choses qu’on ne peut pas dire pour faire rire les gens, et il y a des scènes qui devraient être évitées. »

Kim Dong-wan, chanteur du groupe Shinhwa

Il a également souligné son expérience personnelle, ayant lui-même vécu longtemps dans un demi-sous-sol avec sa mère célibataire, ce qui rend le sujet particulièrement sensible.

Certains voient dans ce « cosplay de la pauvreté » une simple variation de l’histoire de Kapoor, une forme d’exhibition un peu naïve. D’autres, en revanche, estiment que cette pratique franchit une limite et peut être blessante pour ceux qui vivent réellement dans la précarité. L’inquiétude grandit quant à l’impact de ces mises en scène sur la perception de la pauvreté et sur la sensibilité envers les personnes en difficulté.

Des analyses psychologiques tentent d’expliquer ce comportement. Selon le psychologue évolutionniste Gad Saad, l’ostentation de symboles de richesse peut être liée à des mécanismes de séduction et à la recherche de reconnaissance sociale. Il a mené une expérience à Montréal, au Canada, démontrant que la conduite d’une Porsche augmentait les niveaux de testostérone chez les hommes, même en l’absence de spectateurs. Cette augmentation hormonale suggère que la possession de biens de luxe peut être perçue comme un signal de statut social et d’attractivité.

D’autres théories évoquent des mécanismes de compensation et une quête d’identité. L’auteur Richard Thaler et Cass Sunstein, dans leur ouvrage Nudge : Le pouvoir de pousser à des choix intelligents, explorent comment les individus sont influencés par leur environnement social et comment ils cherchent à se conformer à des normes de réussite. Le « cosplay de la pauvreté » pourrait ainsi être interprété comme une tentative de projeter une image de succès et de compenser un sentiment d’insécurité.

Cependant, il est important de souligner que cette pratique peut avoir des conséquences négatives. Comme le souligne Kim Dong-wan, il est essentiel de faire preuve de sensibilité et de respect envers ceux qui vivent réellement dans la pauvreté. L’utilisation de la précarité comme simple prétexte à une mise en scène peut être perçue comme une forme de moquerie et peut contribuer à banaliser les difficultés financières.

        Porsche, considérée comme le rêve d'un homme [사진촬영=최기성 매경 디지털뉴스룸 기자]
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