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Mark Carney ouvre un partenariat stratégique avec la Turquie

Le premier ministre canadien Mark Carney a entamé une visite officielle de trois jours à Ankara pour sceller un partenariat stratégique avec la Turquie, marquant ainsi la première…

Mark Carney ouvre un partenariat stratégique avec la Turquie

Le premier ministre canadien Mark Carney a entamé une visite officielle de trois jours à Ankara pour sceller un partenariat stratégique avec la Turquie, marquant ainsi la première visite bilatérale d’un chef de gouvernement canadien dans ce pays allié de l’OTAN depuis l’établissement des relations diplomatiques en 1944.

Le déplacement de Mark Carney à Ankara s’inscrit dans la volonté d’Ottawa de diversifier ses échanges commerciaux au-delà des États-Unis et de trouver de nouveaux débouchés pour les entreprises canadiennes. Lors d’une intervention conjointe, le premier ministre et le président turc Recep Tayyip Erdoğan ont officialisé le lancement d’un plan d’action triennal axé sur quatre piliers principaux : le commerce et l’investissement, la défense et la sécurité, l’énergie, ainsi que les liens entre les populations, selon les détails fournis par les services officiels du gouvernement fédéral dans une allocution officielle.

Négociations de libre-échange et objectifs économiques bilatéraux

Les échanges commerciaux entre le Canada et la Turquie ont atteint 4,3 milliards de dollars en 2025, un volume jugé dérisoire par les observateurs au regard de la taille des deux économies, les exportations turques constituant la majeure partie de ce montant. Afin de dynamiser cette relation économique, des pourparlers techniques s’apprêtent à franchir une nouvelle étape. Des négociateurs canadiens se rendront à Ankara le mois prochain pour entamer le premier cycle de discussions en vue d’un accord de libre-échange, ainsi qu’en atteste le compte rendu de la visite ministérielle.

De son côté, le président Recep Tayyip Erdoğan a exprimé le souhait de voir ce volume doubler pour atteindre 10 milliards de dollars. Pour soutenir cette ambition, une mission commerciale menée par des représentants du gouvernement canadien est prévue l’an prochain afin d’aider les entreprises nationales à s’implanter sur ce marché. En parallèle, un nouvel accord sur le transport aérien a été signé, ce qui pourrait presque doubler le nombre de liaisons aériennes directes entre les deux pays.

Coopération en matière de défense et tensions historiques autour des technologies militaires

En octobre 2020, le Canada avait suspendu ses exportations d’armes vers la Turquie après qu’une enquête a conclu que des technologies canadiennes s’étaient retrouvées dans des drones turcs utilisés par l’Azerbaïdjan dans le conflit au Haut-Karabakh.

Le président du Conseil commercial Canada-Turquie souligne que la Turquie contrôle une part importante du marché mondial des drones, un domaine où les capacités industrielles des deux nations se complètent. Le nouveau cadre de coopération signé par les deux dirigeants ambitionne de permettre aux entreprises des deux pays de collaborer plus étroitement sur les équipements de défense et l’aérospatiale.

Le premier ministre Mark Carney rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, en Turquie, le 7 juillet 2026
Photo : Noovo Info

Enjeux énergétiques et critiques de la diaspora arménienne

Sur le plan énergétique, le Canada se positionne comme une superpuissance capable de répondre aux besoins d’une économie turque en pleine croissance. Les ministres de l’Énergie des deux pays se sont entendus pour coopérer dans des secteurs clés incluant le gaz naturel liquéfié (GNL), la technologie nucléaire civile, les énergies propres et les minéraux critiques.

Ce rapprochement diplomatique suscite toutefois de vives inquiétudes au sein de la communauté arménienne au Canada. Sevag Belian, représentant le Comité national arménien du Canada, a fait part de préoccupations majeures concernant la situation des droits de la personne en Turquie et le rôle géopolitique du pays, tout en exprimant la crainte que le gouvernement canadien ne revienne sur sa position historique concernant la reconnaissance officielle du génocide arménien, intervenue en 2004.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.