À Paris, les ventes d’armes d’autodéfense de catégorie D ont été multipliées par dix et les demandes de sécurité privée ont bondi à l’approche de la manifestation du 24 octobre 2026, au lendemain des violences et des pillages du week-end du 17 octobre.
Les armureries parisiennes font face à une ruée sur les armes non létales
Depuis les dégradations et les pillages qui ont touché des centaines de commerces le week-end du 17 octobre 2026 en marge d’une manifestation contre la vie chère, les armureries de la capitale constatent une demande exceptionnelle d’équipements de défense. Les achats d’aérosols, de pistolets au gel poivre et de lanceurs de balles en caoutchouc ont été multipliés par dix dans plusieurs enseignes parisiennes, selon les gérants interrogés, à l’instar d’Yves Gollety.
Dans son armurerie parisienne, ce dernier observe que son stock de lanceurs de balles en caoutchouc d’une puissance maximale de 20 joules, en vente libre pour les majeurs, est déjà épuisé.
🚨🇫🇷 FLASH | « Je bosse toute l’année ! » : un commerçant tente désespérément de défendre sa boutique face aux casseurs et aux pillards. pic.twitter.com/tUceoYbPA5
À l’armurerie de la Bourse, on indique voir défiler le ballet des commerçants et des habitants, tandis qu’à l’armurerie Vouzelaud, le gérant Étienne Vouzelaud fait état d’une augmentation de 300 % récemment.
Dans le VIIIe arrondissement, l’armurier Jean-Daniel Mercier indique ne vendre que des produits de défense depuis le lundi suivant les émeutes. Parmi sa clientèle figurent des commerçants, des restaurateurs, des médecins et des particuliers soucieux de protéger leur domicile. Certains articles comme les pistolets à balles en caoutchouc manquent déjà dans les rayons, les stocks initiaux étant limités en temps normal.

Depuis lundi, on ne vend que des produits de défense. On reçoit une dizaine de personnes chaque jour, principalement pour des bombes lacrymogènes. Certains nous demandent des pistolets à balles de caoutchouc.
Jean-Daniel Mercier, propriétaire de l’armurerie Alex, via TF1 Info
De son côté, Yves Gollety, gérant d’une armurerie parisienne et président de la Chambre syndicale nationale des armuriers, confirme cette flambée qui touche l’ensemble des classes de la population. Les professionnels rappellent toutefois à leurs clients que le port de ces armes de catégorie D sur la voie publique est interdit sans motif légitime et qu’elles sont destinées à la protection du domicile.
Les commerçants se tournent massivement vers la sécurité privée avant le 24 octobre
Face à la menace d’un nouvel épisode de violences pour le rassemblement prévu le 24 octobre entre Bastille et Nation, les commerçants se tournent massivement vers les prestataires de sécurité privée. La préfecture de police de Paris a encouragé cette démarche pour limiter les risques de pillage.
La patronne du magasin est sorti demander d arrêter de casser pic.twitter.com/IjghM3KL8w
Interrogée par FashionNetwork.com, la société RMS, dirigée par Raphaël Mashhadi et fondée en 2017, fait face à une explosion des demandes de clients avec qui elle est en contrat ou qu’elle ne connaît pas. La vacation de 12 heures est facturée environ 360 euros hors taxes, et le gérant rappelle le principe d’exclusivité garanti par l’article L. 612-2 du Code de la sécurité intérieure interdisant à une entreprise de sécurité privée d’exercer d’autres services que le gardiennage. Une autre structure, Heyu, confirme également une hausse des sollicitations.
Les entreprises du secteur font état d’une activité frénétique.
"S'il doit tomber, je tomberais avec lui": ce commerçant défendra son magasin de vélos à Paris ce 24 octobre pic.twitter.com/uzLWCD6zCs
L’Union des métiers de la sécurité, par la voix de son président Sofiane Aboubeker, signale que les demandes de devis ont doublé par rapport au volume habituel, s’appuyant sur les 210 000 agents employés en France et les 310 000 personnes autorisées par l’État à exercer ces métiers. La société RMS relève une hausse de son activité allant jusqu’à multiplier par trois ou quatre ses interventions habituelles, prévoyant de sécuriser au moins 25 sites ce week-end contre une vingtaine la semaine précédente, tout en précisant que les tarifs se situent entre 260 et 380 euros selon les prestataires et que certaines enseignes réclament quatre ou cinq agents cynophiles ou maîtres-chiens pour des commerces alimentaires.
La Ville de Paris et les autorités déploient un dispositif renforcé
La Ville de Paris active sa cellule de crise ce samedi 24 octobre à midi en lien avec la préfecture de police pour suivre la situation en temps réel. Les services municipaux ont entrepris de libérer l’espace public des équipements susceptibles d’être convertis en projectiles, à l’instar des barrières et des éléments mobiles de chantier, tout en procédant au vidage systématique des corbeilles de rue et au retrait des conteneurs à verre.

Les autorités municipales invitent les riverains et les commerçants à rentrer leurs poubelles, vélos, terrasses et mobilier extérieur dès midi. Plus de 1 000 agents de la propreté sont mobilisés pour nettoyer les axes dès que les conditions de sécurité le permettront.
Du côté de l’État, un dispositif de forces de l’ordre renforcé de 20 % par rapport au 17 octobre doit être déployé, incluant des véhicules blindés de la gendarmerie et des unités d’élite, tandis que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé vouloir renforcer les effectifs de police et de gendarmerie sur le terrain, après avoir reconnu un manque d’anticipation.
Mobilisation du 24 octobre: "On a des commerçants qui sont bouillants", témoigne Philippe Gaudry, président de l'association des commerçants de la rue de Bretagne à Paris pic.twitter.com/WyMkfBnVKt