Publié le 2024-02-29 10:00:00. La périménopause, cette phase de transition vers la ménopause, est souvent méconnue et ses premiers symptômes peuvent être facilement négligés, alors qu’une prise en charge précoce peut améliorer significativement la qualité de vie des femmes.
- Les troubles du sommeil, les changements d’humeur et les douleurs articulaires sont des signes avant-coureurs fréquents de la périménopause.
- Une meilleure sensibilisation des professionnels de santé à ces symptômes subtils est essentielle pour un diagnostic précoce.
- L’identification précoce permet une prise en charge personnalisée, incluant des conseils sur l’hygiène de vie et, si nécessaire, des options thérapeutiques.
Pour de nombreuses femmes, la transition vers la ménopause ne se limite pas à l’arrêt des règles. Elle s’amorce souvent des années auparavant, avec l’apparition de symptômes discrets qui peuvent passer inaperçus. Pourtant, ces premiers signes, regroupés sous le terme de périménopause, méritent une attention particulière. Marla Shapiro, médecin spécialiste en médecine familiale, souligne l’importance de ne pas minimiser ces manifestations initiales.
Si des modifications du cycle menstruel sont généralement attendues, les premiers symptômes sont souvent plus insidieux. Les troubles du sommeil, par exemple, sont particulièrement courants, touchant jusqu’à 40 % des femmes en début de périménopause1,2. Un sommeil fragmenté ou non réparateur peut précéder de plusieurs années les bouffées de chaleur et autres symptômes plus marqués.
Les changements d’humeur constituent un autre indicateur subtil. Une anxiété passagère, une irritabilité accrue ou une labilité émotionnelle peuvent être attribuées au stress quotidien ou à la dépression, alors qu’elles peuvent être liées aux fluctuations hormonales ovariennes3. De même, une aggravation des symptômes prémenstruels ou l’apparition de douleurs articulaires peuvent signaler un déséquilibre hormonal.
Lorsque les bouffées de chaleur se manifestent, elles peuvent être légères ou intermittentes, ce qui conduit parfois à les ignorer ou à les attribuer à d’autres causes, comme un problème thyroïdien ou l’anxiété5.
Reconnaître cette constellation de symptômes comme potentiellement liés à la périménopause est crucial pour adapter la prise en charge médicale. Un diagnostic précoce permet d’informer et de rassurer les patientes, et de mettre en place des stratégies personnalisées en fonction de l’intensité des symptômes et des facteurs de risque individuels. Cela peut inclure des conseils sur l’hygiène du sommeil, un soutien en matière de santé mentale, et, si nécessaire, l’exploration d’options hormonales ou non hormonales pour soulager les symptômes6. La North American Menopause Society propose des recommandations à ce sujet.
« En ouvrant la porte à la discussion sur la préménopause, les cliniciens créent des opportunités de dialogue significatif et de soins proactifs », explique Shapiro, professeure au département de médecine familiale et communautaire de l’Université de Toronto. Elle insiste sur le fait que cette étape de la vie est souvent mal comprise ou minimisée, et qu’une meilleure sensibilisation est nécessaire.
Références
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Kravitz HM, Janssen I, Santoro N et al. Difficultés de sommeil chez les femmes à la quarantaine : une enquête communautaire. Ménopause. 2003;10(1):19-28.
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Baker FC, Lampio L, Saaresranta T, Polo-Kantola P. Sommeil et troubles du sommeil pendant la transition ménopausique. Clinique de médecine du sommeil. 2018;13(3):443-456.
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Freeman EW, Sammel MD, Lin H et al. Associations d’hormones et de statut ménopausique avec une humeur dépressive chez les femmes sans antécédents de dépression. Arch Gen Psychiatrie. 2006;63(4):375-382.
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Lu CB, Liu PF, Zhou YS et al. Douleurs musculo-squelettiques pendant la transition ménopausique : une revue systématique et une méta-analyse. Plast neuronal. 2020 : 8842110.
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DePree B, Shiozawa A, King D et al. Association de la gravité des symptômes vasomoteurs de la ménopause avec les troubles du sommeil et du travail : une enquête américaine. Ménopause. 2023;30(9):887-897.
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La Société nord-américaine de la ménopause. L’énoncé de position 2017 sur l’hormonothérapie de la North American Menopause Society. Ménopause. 2017;24(7):728-753.
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