Publié le 26 octobre 2023 10:35. Le Taoiseach irlandais, Michel Martin, est sous le feu des critiques concernant ses nombreux déplacements à l’étranger, tandis que son gouvernement dévoile des propositions controversées sur l’immigration et que des tensions internes au Fianna Fáil émergent quant à son leadership.
- Michel Martin défend ses voyages internationaux, les jugeant essentiels pour les intérêts de l’Irlande.
- Le gouvernement propose de nouvelles règles d’immigration, incluant une contribution financière des demandeurs d’asile pour leur logement.
- Jim O’Callaghan, ministre de la Justice, est perçu comme un potentiel successeur à la tête du Fianna Fáil.
Les voyages fréquents du Taoiseach, Michel Martin, suscitent des interrogations et des critiques, notamment de la part de l’opposition. Au cours des dix derniers mois, il s’est rendu à l’étranger à 20 reprises, incluant des sommets internationaux tels que la COP30 au Brésil et le G20 en Afrique du Sud. Un déplacement en Chine est également prévu pour le début de l’année prochaine.
Défendant ses actions depuis l’Angola, où il participait au sommet Union européenne/Union africaine, M. Martin a fermement réfuté les accusations de dépenses excessives et d’absence prolongée du pays.
« Est-ce que les gens pensent que nous retournons à une sorte de position isolée où nous n’assistons à aucune réunion ? C’est ridicule… peu importe qui affirme cela. »
Michel Martin, Taoiseach
Il a insisté sur le fait que chaque voyage est motivé par la défense des intérêts nationaux, notamment en matière de commerce et de technologie.
L’opposition, menée par Mary Lou McDonald de Sinn Féin, a dénoncé l’absence du Taoiseach lors des questions des dirigeants à la Dáil (chambre basse du parlement irlandais).
« Ca bhfuil un Taoiseach ? »
Mary Lou McDonald, chef de Sinn Féin
(Où est le Taoiseach ?), a-t-elle interrogé, soulignant les difficultés rencontrées par les citoyens face à la hausse des factures énergétiques. La leader travailliste, Ivana Bacik, a également exprimé sa surprise face au remplacement de M. Martin par le ministre des Transports et de l’Énergie, Darragh O’Brien.
Parallèlement, le gouvernement a présenté des propositions de réforme de l’immigration qui suscitent la controverse. Le ministre de la Justice, Jim O’Callaghan, propose que les personnes cherchant une protection internationale contribuent jusqu’à 40 % de leurs revenus hebdomadaires au financement de leur logement. Il a soumis trois notes au Cabinet détaillant ces mesures.
D’autres mesures envisagées incluent la limitation du regroupement familial aux parents directs (enfants, conjoints et parents à charge) et l’augmentation du délai de résidence requis pour la citoyenneté, passant de trois à cinq ans. L’accès à la citoyenneté serait également conditionné à l’absence de dettes envers l’État et à la non-perception d’allocations sociales.
Ces propositions, qui interviennent alors que le Royaume-Uni renforce également ses règles en matière d’immigration, ont été critiquées par le Conseil irlandais pour les réfugiés. Nick Henderson, son directeur général, a souligné les difficultés pratiques que ces mesures pourraient engendrer pour les demandeurs d’asile.
« Je ne vois tout simplement pas en quoi cela est pratique ou raisonnable. Est-ce en fait tout à fait irresponsable ? Placer quelqu’un dans une position où il a le choix d’accepter ce soutien ou simplement d’attendre, de ne rien faire, en espérant qu’il aille mieux. »
Nick Henderson, directeur général du Conseil irlandais pour les réfugiés
En interne, le Fianna Fáil est marqué par des tensions quant à la succession de Michel Martin. Jim O’Callaghan, dont le nom est régulièrement évoqué comme potentiel futur leader du parti, a démenti toute volonté de précipiter un changement de direction. Cependant, son influence croissante et ses prises de position sur des sujets sensibles, comme l’immigration, pourraient bien le positionner comme un concurrent sérieux à la tête du parti.
Sur la scène internationale, l’attention se porte également sur l’influence de l’ancien président américain Donald Trump sur la stratégie électorale des Républicains pour 2026. Trump intervient de manière précoce et active dans les élections de mi-mandat, et exerce une pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy pour qu’il accepte un accord territorial avec la Russie.
