Une passion mathématique au service des jeunes
Le goût des chiffres ne s’éteint pas avec la retraite. Pour Martine Barbier, les mathématiques ne sont pas une simple discipline scolaire, mais une passion active. Là où certains se contentent de jeux de logique pour occuper leurs soirées, elle continue de résoudre des exercices complexes.
“Certains font des sudokus, le soir chez eux. Moi, je fais des exercices de mathématiques. Les maths, je trouve que c’est génial”
Martine Barbier, retraitée de l’Éducation nationale, via L’Est Républicain
Cette vitalité intellectuelle s’inscrit dans un parcours marqué par une persévérance rare. Ancienne enseignante en collège, notamment au collège Victor-Hugo, elle a ensuite évolué vers l’enseignement en lycée, passant par Romé-de-L’Isle et Delaunay avant de s’installer pendant 25 ans au lycée Cournot.
Le parcours académique et la persévérance de Martine Barbier
L’excellence académique de Martine Barbier ne s’est pas construite sans effort. À 50 ans, elle a réussi l’exploit d’obtenir l’agrégation, l’un des concours les plus exigeants de l’enseignement français. Ce succès est le fruit d’une ténacité remarquable : elle a validé l’épreuve écrite à quatre reprises avant de venir à bout de l’oral, une étape qui, selon ses confidences, la rendait fébrile.
L’utilisation du terme haute, qui définit littéralement ce qui est élevé ou supérieur, s’applique ici autant à la géographie de son action qu’au niveau d’exigence de son parcours. Si le mot est aujourd’hui souvent associé au luxe, comme dans la haute couture ou la haute cuisine, il incarne ici une forme de noblesse intellectuelle et de rigueur pédagogique.
Après avoir quitté le service public à 61 ans, elle n’a pas totalement rompu avec le milieu scolaire. Elle a continué son engagement bénévole au lycée Cournot jusqu’à l’âge de 70 ans, prouvant que la vocation d’enseigner dépasse largement le cadre du contrat de travail.
L’organisation du soutien scolaire pour les terminales S
Le dispositif actuel n’est pas le fruit du hasard, mais d’une collaboration entre l’envie de transmettre de Martine Barbier et la volonté politique locale. Sollicitée pendant des années pour des cours particuliers, la retraitée a préféré orienter son action vers un soutien collectif et gratuit, après avoir échangé avec les élus d’Arc-lès-Gray.
Le fonctionnement est précis et ciblé :
- Public : Exclusivement les élèves de terminale S du lycée Cournot.
- Rythme : Des séances d’environ deux heures, organisées le mardi après les cours.
- Méthode : Un suivi étroit du programme scolaire, rendu possible par le maintien des contacts de Martine Barbier avec les professeurs en exercice.
- Accès : Gratuité totale, sur orientation préalable du lycée Cournot.
Cette approche permet une réactivité immédiate face aux lacunes des élèves. En s’alignant sur le rythme des classes, Martine Barbier transforme le soutien scolaire en un véritable levier de réussite pour les futurs bacheliers.
L’impact social et intergénérationnel à Arc-lès-Gray
Au-delà des équations et des théorèmes, l’initiative revêt une dimension humaine profonde. Les cours se déroulent à la maison Bondon, un espace qui devient, le temps d’un après-midi, un pont entre deux générations. Pour des élèves comme Manon, Victoria et Tifaine, l’impact est concret : elles témoignent d’une remontée de leurs moyennes grâce à la pédagogie de leur professeure.
Cette dynamique répond à un objectif municipal de revitalisation du lien social. L’idée est de sortir l’apprentissage du cadre strict de la salle de classe pour l’ancrer dans une dimension communautaire.
“Quand Madame Barbier nous a proposé l’idée, nous avons trouvé ça super. À travers ce cours, nous faisons également vivre la maison Bondon dans une dimension intergénérationnelle. C’était totalement l’objectif de départ”
Gilles Michelat, adjoint arcois, via The Free Dictionary
La pérennisation d’une vocation transmise

L’engagement de Martine Barbier démontre que la transmission des savoirs ne connaît pas de date de péremption. En transformant sa passion pour les mathématiques en un service public bénévole, elle offre aux lycéens non seulement des outils techniques pour réussir leur baccalauréat, mais aussi un modèle de curiosité intellectuelle permanente.
L’enjeu pour les mois à venir reste la stabilité du nombre d’élèves, qui fluctue d’une semaine à l’autre, et la pérennisation de ce modèle de soutien gratuit dans un contexte où les cours particuliers deviennent souvent un luxe inaccessible pour nombre de familles.
