Les établissements de santé doivent adopter une approche rigoureuse pour mesurer le retour sur investissement (ROI) de leurs solutions d’indexation des patients (EMPI), afin de garantir l’efficacité de leurs initiatives d’interopérabilité et d’amélioration des soins. Une évaluation précise, combinant indicateurs directs et indirects, est essentielle pour justifier ces investissements.
Selon Nitin Manocha, analyste principal chez Frost & Sullivan spécialisé dans la stratégie d’intelligence artificielle appliquée à la santé, il est crucial d’examiner à la fois les gains immédiats et les bénéfices à long terme. Les mesures directes incluent la réduction des doublons de dossiers patients, la fiabilité de l’identification des patients, le ratio entre les correspondances de haute confiance et les correspondances incertaines, ainsi que le temps gagné par le personnel grâce à l’automatisation du nettoyage et de la déduplication des données. Le nombre de rapprochements réussis est également un indicateur clé.
Mais l’impact d’une solution EMPI s’étend au-delà de ces chiffres. Les mesures indirectes évaluent l’influence sur le parcours de soins du patient, notamment la diminution des examens et traitements redondants, la réduction des rejets liés à des erreurs d’identification, et l’amélioration de l’engagement des patients dans les programmes de santé publique.
« Pour maximiser le ROI de ces solutions, il est impératif que les fournisseurs collaborent étroitement avec les utilisateurs finaux et les partenaires de l’industrie, afin de définir un ensemble d’indicateurs de performance clés (KPI) qui permettront d’évaluer le succès de la mise en œuvre », explique M. Manocha.
La mise en place d’un indice de maîtrise des données patient nécessite une stratégie bien définie, intégrant gouvernance, technologie et adaptation des flux de travail. Selon Shegewi, cette stratégie doit débuter par une évaluation approfondie de la qualité actuelle des données et de la précision des correspondances. Il est ensuite essentiel d’établir un cadre de gouvernance clair, avec des rôles et des responsabilités définis en matière de gestion des données et de politiques d’identité.
Le choix de la solution technologique doit privilégier les systèmes EMPI dotés de capacités d’intelligence artificielle, conformes à la norme FHIR et offrant une flexibilité de déploiement hybride. Une approche progressive, comprenant l’évaluation, le test pilote, le déploiement progressif et l’optimisation continue, avec des mécanismes de rétroaction et d’audit, est recommandée.
L’avenir de la gestion des données patient sera marqué par une adoption croissante de solutions basées sur l’IA, axées sur l’amélioration de la fiabilité des correspondances avec une intervention humaine minimale. Par ailleurs, l’intégration de données provenant de sources diverses et l’utilisation de modèles de correspondance référentiels, notamment en accédant à des bases de données publiques, nécessiteront des mesures de sécurité et de confidentialité renforcées pour protéger les données sensibles contre les menaces potentielles.
« L’intégration et la liaison des données patient seront de plus en plus importantes pour prendre des décisions éclairées », souligne M. Manocha. « Les solutions basées sur le cloud offriront une évolutivité, une sécurité et une efficacité accrues, tout en réduisant les coûts d’infrastructure. » Enfin, l’adoption généralisée des normes d’interopérabilité devrait accélérer le déploiement des solutions EMPI et améliorer leur ROI.
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