Les électeurs californiens se sont opposés à la « Proposition 40 », un référendum qui visait à instaurer un impôt exceptionnel de 5 % sur la fortune des milliardaires de l’État.
Un scrutin marqué par le rejet de la Proposition 40
Lors du vote du 3 novembre 2026, une majorité de citoyens californiens a choisi de rejeter la taxe exceptionnelle sur les très grandes fortunes. Mercredi matin, après le dépouillement de 60 % des suffrages estimés, 55,6 % des bulletins étaient opposés à la mesure, selon les données rapportées par l’agence Associated Press. Le rejet a été particulièrement net dans les zones rurales de l’est de l’État, tandis que les grandes agglomérations comme Los Angeles et San Francisco ont approuvé la proposition de justesse. Parallèlement, la « Proposition 42 », qui inscrit l’interdiction d’un nouvel impôt sur la détention d’actifs dans la Constitution californienne, a été approuvée à 54,54 %, consolidant ainsi le refus des électeurs d’alourdir la charge fiscale des ultra-riches.
Une bataille financière et politique inégale
La campagne entourant la Proposition 40, baptisée « California 2026 Billionaire Tax Act », a été le théâtre d’un déséquilibre financier considérable. Ce financement massif a été canalisé via un comité d’action politique nommé « Building a Better California », alimenté notamment par le cofondateur de Google, Sergey Brin, et onze autres milliardaires.
Le sénateur Bernie Sanders avait pourtant tenté de mobiliser l’opinion début octobre à Los Angeles en déclarant : « Le pays tout entier vous observe ». Chris Hoene, directeur du California Budget and Policy Center, soulignait que de nombreux électeurs redoutaient que cette taxe ne pousse les milliardaires à quitter l’État, emportant avec eux leurs activités et les emplois associés. Des figures comme Larry Page, Sergey Brin, Peter Thiel ou Travis Kalanick ont été citées comme des exemples de fortunés ayant déjà quitté la Californie pour des cieux plus cléments, comme la Floride ou le Texas.
A tiny bit of good news–CA Prop 40 is trailing. However, it looks like voters did goosestep to the polls to vote for Prop 3. https://t.co/BypxSlFobQ We left California for Missouri not just because of taxes (In California I only got to keep 46 cents for every dollar I earned…
Des ambitions budgétaires contrariées
L’objectif initial des promoteurs était de lever 100 milliards de dollars pour financer la santé, l’éducation et les banques alimentaires, afin de compenser les coupes fédérales imposées par l’administration Trump. Suzanne Jimenez, représentant le syndicat SEIU, expliquait que la mesure était une nécessité face à la fermeture annoncée d’hôpitaux. Cependant, le gouverneur démocrate Gavin Newsom avait exprimé ses réticences, craignant que la mesure ne soit contre-productive pour les recettes fiscales de l’État.
Le regard tourné vers l’avenir
Alors que la campagne a également été marquée par des tensions nationales, notamment les manœuvres électorales de Vivek Ramaswamy dans l’Ohio, le débat californien a servi de test grandeur nature. Pour ses promoteurs, la Proposition 40 représentait un baromètre face au capitalisme débridé. Un responsable de la commission a d’ailleurs déclaré que l’effort pour exiger que les milliardaires paient leur « juste part » se poursuivrait, promettant de nouvelles ripostes contre la fraude fiscale.

Tant que la démocratie sera vivante, le combat pour limiter le pouvoir et l’influence croissants des plus grandes fortunes se poursuivra. Je prédis que la Proposition 40 ne sera pas la dernière tentative de riposte aux milliardaires.