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Mauritanie dément toutes revendications sur Lagouira

La Mauritanie a formellement démenti toute revendication territoriale sur la localité de Lagouira, située à l'extrême sud du Sahara, répondant aux récentes interrogations nues…

Mauritanie dément toutes revendications sur Lagouira

La Mauritanie a formellement démenti toute revendication territoriale sur la localité de Lagouira, située à l’extrême sud du Sahara, répondant aux récentes interrogations nues d’une proposition de délimitation des frontières soumise lors des négociations de Madrid tenues les 8 et 9 février 2026 sous l’égide de l’ONU.

Les déclarations officielles de Nouakchott à propos de Lagouira

Le gouvernement mauritanien a tenu à dissiper toute ambiguïté après la parution d’informations prêtant à Nouakchott des ambitions territoriales sur la localité de Lagouira. Le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, par ailleurs porte-parole du gouvernement, Mohamed Ould Bebana, a qualifié ces interprétations d’erronées lors d’une mise au point publique. Selon ses déclarations, l’exécutif mauritanien entretient des liens étroits avec ses voisins du nord et ne cherche nullement à réclamer cette zone côtière placée sous contrôle militaire mauritanien depuis novembre 1975.

La polémique est née d’une mention figurant dans le rapport du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, concernant la situation des provinces du Sud. Ce document rend compte d’un round de négociations mené à Madrid les 8 et 9 février 2026 entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario. Lors de ces pourparlers, Nouakchott a souligné la nécessité de créer une commission chargée de délimiter, de manière consensuelle, les frontières internationales définitives et permanentes du territoire contesté (sic), une allusion perçue par certains observateurs comme un appel implicite à réexaminer le statut de Lagouira.

Mauritanie dément toutes revendications sur Lagouira
Photo : Maghreb Online

Pour couper court aux spéculations de la presse, le porte-parole du gouvernement mauritanien a insisté sur le fait que cette initiative de délimitation avait pour unique objectif d’éviter des confusions d’ordre sécuritaire, juridique ou économique. Le ministre a expressément mis en garde contre la tendance à attribuer à cette proposition des revendications que la Mauritanie n’a pas exprimées, pour ensuite les lui imputer dans les médias, réaffirmant l’attachement de son pays à une résolution pacifique sous l’égide de l’ONU.

Le poids historique d’un statu quo hérité de 1979

La question de Lagouira renvoie à un équilibre géopolitique façonné à la fin des années 1970. À la suite des accords de Madrid signés le 14 novembre 1975, l’Espagne avait cédé l’administration de ses possessions sahariennes au Maroc et à la Mauritanie. Mais le renversement du président Moktar Ould Daddah par un coup d’État militaire le 10 juillet 1978 a profondément modifié la trajectoire diplomatique de Nouakchott. Le nouveau régime, dirigé par Mustafa Ould Mohamed Salek, a entamé un désengagement progressif du conflit.

Ce processus a abouti à la signature de l’accord de paix d’Alger en août 1979, par lequel la Mauritanie a officiellement renoncé à toute prétention sur le territoire. Le texte consigne l’engagement de Nouakchott à ne nourrir pas de revendications territoriales ou autres au Sahara occidental. Peu après, le représentant permanent de la Mauritanie auprès des Nations unies a adressé une lettre formelle au secrétaire général de l’organisation pour réitérer la neutralité stricte de son pays et son retrait définitif des zones disputées.

Dans la foulée, un arrangement spécifique a été entériné entre Rabat et Nouakchott pour préserver Lagouira de toute confrontation militaire, l’enclave demeurant sous surveillance de l’armée mauritanienne pour protéger les abords de la ville économique de Nouadhibou. Ce compromis a permis de maintenir le secteur hors du mur de défense érigé par le Maroc dans les années 1980, tout en sanctuarisant la souveraineté de principe du Royaume sur la presqu’île.

La Mauritanie veut s’emparer de la ville marocaine de Lagouira
Photo : Le1.ma

Les implications économiques et la résonance politique de la presqu’île

Si la localité est restée inhabitée au fil des décennies, elle conserve un poids symbolique considérable au Maroc à travers la formule patriotique de Tanger à Lagouira.

Du côté mauritanien, les analyses d’experts publiées dans la presse locale rappellent régulièrement que le véritable défi pour Nouakchott réside dans la valorisation de ses propres infrastructures existantes, notamment le port de Nouadhibou situé sur le versant oriental de la même presqu’île du Cap Blanc. Les commentateurs soulignent que les priorités nationales gagnent à se concentrer sur l’exploitation des atouts économiques avérés de la région plutôt que sur des conjectures territoriales hypothétiques.

Mauritanie dément toutes revendications sur Lagouira
Photo : Yabiladi

Les discussions diplomatiques autour de la zone interviennent par ailleurs dans un climat de réchauffement entre les deux capitales, marqué en décembre 2024 par la visite d’amitié rendue par le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani au roi Mohammed VI. Les relations bilatérales s’inscrivent également dans de grands projets d’intégration continentale, tels que le projet de gazoduc atlantique reliant le Nigeria au Maroc, conférant à la coopération frontalière un intérêt stratégique majeur qui dépasse le seul tracé des confins sahariens.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.