À la suite des violences et pillages survenus lors des manifestations du 17 octobre, les préfets et les maires de plusieurs villes françaises ont instauré des couvre-feux localisés. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ordonné un déploiement massif des forces de l’ordre pour prévenir de nouveaux débordements lors des cortèges prévus ce samedi 24 octobre.
Le GIGN et la force Sentinelle mobilisés pour le 24 octobre
Face à la menace d’un acte II
des mobilisations prévu pour ce samedi 24 octobre, l’exécutif a durci sa stratégie de maintien de l’ordre. Ce dispositif inclut le recours à des unités d’élite comme le GIGN, la BRI et le Raid, ainsi que des blindés et des hélicoptères.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé que des militaires de la force Sentinelle seront également mobilisés pour des missions de sécurisation statique.
🔴 Alors que le rassemblement pacifique en soutien aux commerçants touchait à sa fin, une centaine membres de l'ultra-droite se sont greffés à cette mobilisation.https://t.co/thwx2r3F0z pic.twitter.com/8ZmxKdjbnF
Cette mesure est destinée à libérer les unités mobiles de CRS pour leur permettre de protéger les commerces.
Cette décision fait suite aux critiques sur la gestion des événements du 17 octobre, où des hordes de pilleurs
ont dégradé ou pillé au moins 3 000 commerces, selon les chiffres avancés par Serge Papin, ministre en charge du secteur.
Conformément aux instructions du Premier ministre @SebLecornu et du ministre de l’Intérieur @NunezLaurent, afin de protéger les personnes et les biens des risques de violences et de pillages commis ces derniers jours par des groupes de jeunes délinquants, le @prefetpolice a pris… pic.twitter.com/60VIpxEq6X
Couvre-feux et arrêtés dans les villes
Depuis le 19 octobre, les préfets et maires ont activé des arrêtés de couvre-feu dans plusieurs zones urbaines. Ces mesures, qui s’étendent généralement de 23h à 6h, visent à limiter les rassemblements nocturnes. Si les modalités varient selon les communes — à Bordeaux, par exemple, la mesure concerne spécifiquement les mineurs non accompagnés jusqu’au 26 octobre — l’objectif demeure de prévenir une répétition des émeutes urbaines.
Le juriste Pierre Egéa souligne que ces décisions relèvent de la police générale et doivent impérativement être limitées dans le temps et l’espace pour respecter le principe de proportionnalité. Une mesure de couvre-feu ne peut pas être sans durée
, explique-t-il, précisant que les autorités judiciaires contrôlent la validité de ces arrêtés au cas par cas.
Afin de protéger les Niçois, dès ce soir, 21h, j’instaure un couvre feu pour les mineurs. pic.twitter.com/GNxGN1zbTF
Le coût des pillages à Marseille
À Marseille, le maire Benoît Payan a fait état d’un coût estimé à 28 millions d’euros pour les pillages subis par sa ville. La municipalité a instauré des zones d’interdiction de circulation, notamment sur le cours Jean Ballard, la rue Breteuil et la Canebière, pour endiguer les dégradations.
Tensions politiques et enquêtes après les violences
La crise a pris une dimension politique majeure, le gouvernement pointant la responsabilité de La France insoumise (LFI) dans les violences. Emmanuel Macron a dénoncé une violence débridée
qu’il impute à des factieux
d’ultragauche. Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI, a déploré que la priorité ne soit pas la gestion des foules mais la répression, critiquant les gardes à vue massives. De son côté, la commission des lois de l’Assemblée nationale a été saisie le 20 octobre pour mener une enquête sur ces événements.

Sur le plan judiciaire, les enquêtes sur les dégradations se poursuivent. À Limoges, deux suspects ont été interpellés en lien avec l’incendie de l’hôtel de ville survenu le 17 octobre.
L’un d’eux, âgé de 34 ans, est désormais visé par une enquête.
Casseurs, pilleurs, voleurs : les prestations sociales, c’est terminé !Nous prenons une circulaire avec @GDarmanin pour que les délinquants se voient retirer de leurs prestations sociales l’équivalent des sommes issues de leurs trafics ou recel. 👇https://t.co/49FNCt1tpU
Cette enquête porte sur une accusation de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique
après l’exploitation d’images de drones et les auditions des 13 policiers municipaux présents sur place au moment du sinistre.
Des voix à droite, comme Bruno Retailleau ou Gérard Larcher, pressent l’exécutif d’instaurer l’état d’urgence.
🔴 « ACAB, ACAB ! », entonnent une centaine de jeunes rassemblés au pied de la statue de la République, à Paris. Forte présence policière sur place : des agents de la compagnie d’intervention procèdent à des contrôles. Il est 17h30. #17octobre #18octobre #France pic.twitter.com/QNnPLu19zL
Gérard Larcher et Bruno Retailleau demandent cette mesure alors que le gouvernement privilégie pour l’heure des mesures ciblées.
Aucune procédure constitutionnelle ne permet aux parlementaires d’imposer cette déclaration, et le Premier ministre continue d’affirmer que les couvre-feux localisés contribuent au calme, tout en promettant de les reconduire là où la situation le nécessite, sous la Ve République où l’état d’urgence n’a été utilisé qu’en 1961, 2005, 2015 et 2024.
Des articles volés ce week-end sont proposés à la vente sur certaines plateformes. De tels comportements ne resteront pas impunis. Nous ne laisserons pas passer. Avec @SergePapin_rf, nous réunissons dès aujourd’hui les plateformes en question, en présence de représentants des…
En savoir plus sur Bruno Retailleau
Hier à Paris, des groupes de jeunes délinquants ont à nouveau cherché à dégrader et piller des commerces au cours de la soirée et de la nuit.Intervenant systématiquement avec détermination et agilité, les policiers ont pu procéder à 351 interpellations.La plus grande fermeté… https://t.co/KXvhqrOPdM
9 nouvelles interpellations ont été réalisées, portant à 117 le nombre total d'interpellations à 1h.Les effectifs continuent d'intervenir dans le centre de Paris pour confondre les auteurs de dégradations. https://t.co/pR5yPn03Jp
Sébastien Lecornu annonce qu'un mouvement de l'ultragauche veut mettre en cause l'élection présidentielle. En tant que candidat, j'exprime mon étonnement, car je n'ai pas entendu qui que ce soit parler de cela, ni en privé ni en public, ni dans aucun mot d'ordre de manifestation…
COMMUNIQUÉ DE L'UNION ÉTUDIANTE EN RÉACTION AUDISCOURS D'EMMANUEL MACRON DU 18 OCTOBRE 2026.⤵️⤵️ pic.twitter.com/L8WAudf3XF
Les couvre-feux ciblés ont contribué au calme de cette nuit. Je remercie les policiers et les gendarmes qui ont veillé à leur application, ainsi que les préfets pour leur mobilisation.Ce soir, de nouveaux couvre-feux seront décidés là où la situation le nécessite. Ces…
Les couvre-feux imposés dans plusieurs villes sont des punitions collectives inacceptables. Parce que des individus ont commis des dégradations à un endroit il faudrait empêcher tous les riverains de sortir de chez eux ? pic.twitter.com/0abv1D7f9Y